Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

De grâce, pas de gel d’impôt foncier

Article mis en ligne le 29 octobre 2009 à 5:00
Soyez le premier à commenter cet article
De grâce, pas de gel d’impôt foncier
Chères électrices et chers électeurs,

La campagne électorale municipale bat son plein aux quatre coins du Québec. De partout, les candidats et les candidates présentent et défendent leurs idées pour aller chercher les votes de l’électorat, c’est-à-dire de vous et moi. J’ai un respect sans borne pour tous ces candidats et ces candidates. C’est un travail ardu, parfois des plus ingrats, et particulièrement mal rémunéré considérant les responsabilités qui l’accompagnent. Donc à vous tous et toutes, candidates et candidats, je lève mon chapeau et je souhaite la meilleure des chances.

Ma lettre est toutefois adressée aux électrices et aux électeurs. L’heure est à la méfiance. L’heure est aux promesses électorales et c’est à vous que revient la responsabilité de distinguer les promesses réalisables de celles qui ne le sont pas. Parmi ces promesses, la pire à mon point de vue, au niveau de la faisabilité, est le gel de l’impôt foncier.

Au cours des six dernières années, Le Conference Board du Canada a réalisé des études sur la situation financière des municipalités à travers le Canada. La première de ces études, réalisée pour le compte de l’Union des municipalités du Québec en 2003, portait d’ailleurs sur les municipalités québécoises. Cette étude ne laissait planer aucun doute : la situation financière des municipalités québécoises se veut des plus précaires. Et c’est toujours le cas en 2009.

Bien que l’étude prône un partenariat entre les différents paliers de gouvernement afin de trouver une solution au déséquilibre fiscal des municipalités québécoises, il n’en demeure pas moins que l’étude dénonçait le comportement de certaines municipalités, notamment en ce qui a trait au gel de l’impôt foncier. Le fameux gel de l’impôt foncier! À chaque campagne électorale municipale, cette promesse refait systématiquement surface. Et la campagne de 2009 n’y échappe pas.

Il faut savoir que l’impôt foncier est la principale source de revenus des gouvernements municipaux au Québec (en fait au Canada en général). C’est donc dire que lorsqu’un candidat ou une candidate promet de geler l’impôt foncier, la principale source de revenus de la ville n’augmentera pas. C’est purement et simplement une mauvaise stratégie de gestion car les coûts de leur côté vont augmenter, à tout le moins au rythme de l’inflation, soit grosso modo de 2 p. 100 par année. D’ailleurs, le Conference Board recommande aux municipalités à travers le pays d’augmenter l’impôt foncier au moins au rythme de l’inflation chaque année.

Ainsi donc, si un candidat ou une candidate propose un gel de l’impôt foncier, il faut lui poser deux questions : quelle autre source de revenus va augmenter pour compenser cette perte? Ou quels services seront coupés? Et de grâce, ne laissez pas ces candidats et candidates vous parler d’une amélioration dans l’efficacité des services. Les dernières villes qui ont passé au peigne fin leurs dépenses n’ont réalisé que très peu d’économies. Il s’agit en fait d’une insulte envers les fonctionnaires qui sont en place. Et il y a une limite au mythe du fonctionnaire municipal paresseux. Je côtoie ces personnes régulièrement et elles travaillent toutes au mieux de leurs compétences afin de faire de leurs villes une ville meilleure.

J’en ai entendu d’autres depuis le début de la campagne. La promesse de faire ériger des ponts par exemple. Pour cela, il faut la participation des deux rives! Est-ce que votre candidate ou votre candidat est assuré que la ville voisine participera à ce projet?

Bref, nos candidats y vont de leurs plus grandes promesses et c’est leur droit. L’électorat doit toutefois savoir trancher entre ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Le vote est un droit, mais un droit qui s’accompagne de devoirs. Les étudiants étudient avant leurs examens, c’est à nous chers électrices et électeurs de bien faire nos leçons avant le 1er novembre prochain.
Mario Lefebvre, directeur du Centre sur les Études municipales

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • «Participerez-vous aux activités entourant la présentation à Québec de la finale de la Coupe Vanier?»
  • Oui
  • Non