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Pas une, mais deux commissions d'enquête

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 30 octobre 2009 à 6:00
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Pas une, mais deux commissions d'enquête
Pas une, mais deux commissions d'enquête
Alors que la classe politique tente désespérément de refaire son image, voilà que les scandales de corruption et les relents de politique à l'ancienne viennent miner tout le chemin parcouru depuis Duplessis jusqu'à la Commission Gomery. Comble d'ironie, le tout survient en pleine campagne électorale municipale. Le stratagème de financement occulte des partis et les révélations de tricherie mafieuse dans le système d'octroi des contrats de travaux publics ont beau émaner de la métropole, reste que les doutes se propagent à l'ensemble de la province et à tous les paliers de gouvernement.

Élus et fonctionnaires avaient autant besoin de cet autre épisode disgracieux que la planète d'une inversion des pôles magnétiques dans sa rotation autour du Soleil. La résurgence de ces méthodes malhonnêtes s'avère d'autant plus décevante qu'elle implique des politiciens d'expérience. Plus inquiétant encore, les deux principaux partis politiques en présence dans la course à la mairie de Montréal sont soupçonnés de contourner la Loi sur le financement électoral. Or, ces deux partis sont dirigés respectivement par un ex-ministre libéral et par une ex-ministre péquiste. Blanc bonnet, bonnet blanc diront certains. Tandis que d'autres véhiculeront des rumeurs sur une étendue beaucoup plus profonde du problème. L'affaire mérite d'être éclaircie.

Par la même occasion, la réflexion devrait s'étendre à la création d'un nouveau modèle de financement des partis politiques. Après l'ère des enveloppes brunes, il s'agit d'une nécessité, puisque la loi actuelle semble contournée allègrement. Désormais, on s'en remet à un ingénieux système de prête-noms, par lequel les entreprises s'immiscent dans un mécanisme voulu public en faisant des dons aux noms de leurs employés. Le résultat est le même et fait en sorte que d'importantes sommes sont acheminées aux politiciens, dans l'espoir d'un juteux retour d'ascenseur. Ce constat force à revoir et peut-être même abolir les dons aux partis politiques. Déjà, des experts de la chose suggèrent l'instauration d'un organisme indépendant de supervision du financement des formations politiques en lice. D'autres proposent de prélever les sommes nécessaires à même les impôts.

Tant qu'à se lancer dans un tel chantier, il y a lieu d'en profiter pour revoir et sécuriser le principe du plus bas soumissionnaire dans l'octroi des contrats de travaux publics. Surtout si la mafia commence à s'acoquiner avec les entreprises de construction et que celles-ci en mènent de plus en plus large dans certains hôtels de ville, au point de perturber les campagnes électorales locales. Certes, on n'a pas besoin d'une enquête publique pour savoir que de l'argent de nos taxes est détourné, mais il serait sans doute utile de mettre le tout en lumière pour réagir et s'en prémunir.

Il paraît urgent pendant que la crise gronde de faire preuve d'un minimum de courage politique devant mener à l'ouverture de non pas une, mais bien deux commissions d'enquête publiques. Une sur le financement des partis et une autre sur le système d'octroi des contrats de travaux publics, et ce, à tous les échelons politiques. Le gouvernement québécois a le devoir de procéder malgré les risques de voir la classe politique à nouveau éclaboussée, car autrement on pourrait croire qu'il a des choses à cacher. De plus, le rare argument des enquêtes policières en cours, derrière lequel il se réfugie maladroitement, n'a que peu de valeur lorsqu'on considère que les deux récents scandales de corruption ont été révélés par les médias…

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