Même s’il reste du travail, le directeur général Pierre Vachon se réjouit des derniers mois de relance à la résidence Le Portail. (Photo Nicolas Bégin)
Une relance bénéfique pour la résidence Le Portail
Quatre mois après la réouverture, la maison de thérapie pour femmes Le Portail reprend du poil de la bête à la suite de jours plus sombres au printemps dernier. Bizarre à dire, mais l’arrêt temporaire des activités aura permis de mieux faire connaître l’établissement de Saint-Augustin. Une dizaine de personnes séjournent chaque mois à la maison de la route de Fossambault.
Après la fermeture du 15 avril, le directeur général Pierre Vachon a rappelé les membres du personnel revenir au boulot le 15 juin. Entre temps, deux employées ont cependant quitté le navire après avoir déniché un autre emploi.
L’équipe a accueilli une première résidente le 17 juin. À la mi-octobre, plus de 35 femmes avaient séjourné au Portail, ce qui fait une moyenne d’une dizaine par mois.
«Nous sommes très fiers de la grande fidélité du personnel, mentionne M. Vachon. On ne repartait pas à zéro. Ça facilitait beaucoup la relance. Ces femmes connaissent notre programme sur le bout des doigts.»
La stabilité des partenaires a aussi grandement contribué au nouveau départ. En dépit de la cessation des activités, l’Agence régionale de santé, la Caisse d’économie solidaire et la Société d’habitation du Québec ont accepté le plan de relance.
«L’impact de la fermeture et réouverture a été une vraie bénédiction, affirme le directeur. Les membres du conseil d’administration sont presque tous des gens d’affaires. Ils ont des réseaux et en parlent aux autres, ce que l’ancien conseil d’administration ne pouvait pas faire.»
Si les choses vont très bien en ce moment, Pierre Vachon voit encore du pain sur la planche. Faire connaître davantage Le Portail et rouler vers une plus grande autonomie financière, voilà deux défis d’envergure.
Dans le dernier cas, la thérapeute Catherine Diamond a pensé à organiser un Sobri-o-thon, dont le déroulement a dernièrement pris fin. Les participants, appuyés de commanditaires, devaient demeurer sobres pendant une semaine.
«On offre une certaine souplesse, mais on refuse encore des femmes pour des raisons financières, explique M. Vachon. Les administrateurs veulent accommoder les résidentes moins bien nanties, mais ils doivent néanmoins respecter un prix minimum de thérapie.
«On espère qu’avec plus d’argent ça nous donnera un coup de pouce.»
Mieux connue depuis l’épisode fermeture/réouverture, la résidence Le Portail figure pourtant parmi les rares établissements du genre au Québec. On en compte en fait un seul autre, situé dans les Laurentides.
La moitié de la clientèle provient de la capitale. Les autres arrivent surtout de la Côte-Nord et de Chaudière-Appalaches, mais aussi de partout en province.
«On se rend compte que ce n’est pas parce que les gens ont connu Le Portail il y a six ans que c’est encore ainsi aujourd’hui.»