Christopher Ludgate, papa du jeune Adrien âgé de 15 mois, est un adepte des couches lavables. «Pour ma conjointe et moi, ce choix s'imposait, malgré le scepticisme de certains membres de notre famille.» (Photo Véronique Demers)
Incitatif à l'achat des couches lavables
Pas de sitôt à la Ville de Québec
Chaque année, au Québec, près de 600 millions de couches jetables prennent le chemin des matières résiduelles. Il s'agit du troisième déchet en importance dans les sites d'enfouissement, avec ses 60 000 tonnes annuelles de déchets. Avant d'arriver au stade de la propreté, l'enfant aura besoin de près d'une tonne de couches.
Bien que la région de la Capitale-Nationale connaisse un baby-boom et que plusieurs municipalités avoisinantes (telles Sainte-Brigitte-de-Laval, Beaupré et Lac-Delage) aient lancé un programme de subventions pour l'achat de couches lavables, la Ville de Québec demeure réticente à emboîter le pas.
«Pour le moment, ce n'est pas dans nos cartons, pour de multiples raisons», indique Benoît Delisle, directeur de la division de gestion des matières résiduelles de Québec.
M. Delisle mentionne notamment la lourdeur du programme à gérer et la mise en place de «mesures plus intéressantes», comme le programme de remboursement à l'achat d'un composteur domestique, mis en place il y a trois ans.
«Depuis le début du programme, plus de 5 000 composteurs ont été vendus. On maintient ce programme en raison de la forte demande. Chaque année, on peut voir de 80 à 100 personnes venir à chaque séance d'information. Ça fait aussi partie de notre approche de collecte de résidus alimentaires qu'on veut bientôt mettre en place dans toute la Ville», justifie M. Delisle.
Depuis son programme de remboursement mis en place en juin 2008, la Ville de Lévis a permis à 88 ménages d'en profiter. Jusqu'à maintenant, pour 2009, 92 demandes ont été enregistrées. Les Lévisiens peuvent être remboursés à hauteur de 50% dans leur achat de couches lavables, jusqu'à concurrence de 100$.
«On pensait que les couches allaient être moins populaires que prévu, mais c'est le double de notre estimation», commente Sophie Gagnon, technicienne en environnement au Service des matières résiduelles à la Ville de Lévis.
Phénomène marginal
Pour l'instant, l'utilisation de couches lavables demeure un phénomène marginal. Selon EnviroZine, de 10% à 15% des parents choisissent ces produits réutilisables. Emilie Lacasse Pelletier, mère de deux enfants, a connu quelques difficultés avec les couches lavables à son premier enfant.
«J'ai eu des problèmes d'odeur. J'ai arrêté de les utiliser pour prioriser la santé de mon enfant. Mais c'était il y a quatre ans. Il n'y avait pas beaucoup de modèles sur le marché et ça nécessitait beaucoup de manipulation. Depuis, le marché a explosé et les modèles se sont perfectionnés. Maintenant, avec mon deuxième enfant, ça va très bien», assure-t-elle.
Christopher Ludgate est le papa d'Adrien, âgé de 15 mois. Pour ce résident de l'arrondissement La Cité et sa conjointe, le choix s'est imposé dès le départ. «On a pris cette décision deux mois avant qu'il naisse. On a pris des renseignements à la foire des générations, à ExpoCité. Même en voyage, jusqu'à Windsor, on utilise des couches lavables. Au départ, notre parenté était un peu sous le choc. Ma belle-mère avait en tête la couche simple avec un carré de coton! Mais ils ont vite remarqué que c'était plus évolué. Ça vaut la peine», résume-t-il.
Marché en croissance
Vincent Gibara, propriétaire de la boutique Mon bébé bio, ajoute qu'il s'agit d'un marché spécialisé nécessitant des conseils. «Si ce n'est pas encore vendu dans les pharmacies, c'est probablement pour cette raison-là. Il peut survenir des problèmes en cas d'un mauvais entretien», prévient-il.
«On a de plus en plus de demandes pour les couches lavables. Dépendamment de la Ville où nos clients demeurent, on les informe s'ils ont droit à une subvention, mais ce n'est pas un argument de vente», conclut-il.
Couches jetables ou couches lavables?
- 1 000 couches jetables produisent 442 livres de déchets solides tandis que 1 000 couches lavables en produisent 59 livres.
- Des frais de 1 500$ à 2 500$ devront être déboursés pour des couches jetables en comparaison à 450$ jusqu'à 600$ pour des couches lavables (Source: National Association of Diaper Services, Philadelphia).
- Le contact avec les produits chimiques contenus dans les couches jetables avec la peau de bébé peut mener à l'érythème fessier. Les couches lavables permettent à la peau de mieux respirer et réduire grandement l'érythème fessier.
- Une couche lavable peut remplacer 230 couches jetables