«Histoire de la presse hebdomadaire au Québec»
Les hebdos d’ici… à travers le temps
Un ouvrage consacré aux journaux hebdomadaires de Québec est lancé
À l’occasion de ses 75 ans, Hebdos Québec, une association qui représente quelque 150 journaux québécois, vient de lancer un ouvrage collectif intitulé «Histoire de la presse hebdomadaire au Québec». Entretien avec l’auteur du tome portant sur les hebdos de Québec et de Chaudière-Appalaches, Yves Hébert.
Le tome remonte le temps jusqu’en 1764, date à laquelle la Quebec Gazette / Gazette de Québec a vu le jour. La capitale a aussi vu naître des dizaines d’hebdos anglais depuis 1764, la plupart du temps très éphémères. Parmi ces journaux anglophones, le Quebec Chronicle Telegraph, descendant du Quebec Gazette, est toujours publié.
Yves Hébert souligne aussi l’apport des pionniers de cette presse, comme Louis Fréchette et Alphonse Desjardins, sur la Rive-Sud, de Hector Fabre et Louis Francoeur de Québec et de Maurice Marquis de Montmagny.
L’historien ajoute qu’avant 1930, «les hebdomadaires ont surtout été des feuilles politiques éphémères». Par la suite, les hebdos tenteront de répondre plus étroitement à un besoin local en se faisant le reflet des communautés qu’ils desservent.
L’ouvrage rappelle que Québec comptait des journaux hebdomadaires humoristiques, notamment au tournant du 20e siècle (Le Grognard, 1862; Le Petit québécois, 1909).
Dans les années 1930, la première page des hebdomadaires était montée à la façon des quotidiens : nouvelles internationales, économiques et un peu de photographies. La radio prenait aussi sa place dans les hebdomadaires, alors qu’à Limoilou, on publiait le Radio-Information (1938-40), un journal concernant exclusivement le monde de la radio. De plus, Saint-Georges Côté, bien connu dans l’univers de la radio à Québec, signait des papiers dans Le Réveil de Sillery, dans les années 50.
Yves Hébert note dans son ouvrage la formation , dans les années 70, de grandes corporations propriétaires de plusieurs hebdos et l’uniformisation des signatures. Les années 80 sont marquées par l’arrivée massive de la presse hebdomadaire gratuite, alors que les années 2000 marquent la mise en ligne des hebdos. C’est la gratuité de ces hebdos qui a permis à ceux-ci de conserver leur part de marché à travers les années.
L’ouvrage s’adresse à la fois à ceux qui veulent en savoir plus sur l’histoire des journaux locaux et à ceux qui s’intéressent aux municipalités qui les ont vus naître, souligne l’auteur.