Ex-toxicomane, Stéphane Gauthier a reçu un soutien significatif des intervenants de la Maison Marie Frédéric, lui ayant permis de sortir du cercle infernal de sa consommation. (Photo Luc Fournier)
D'ex-toxicomane à intervenant jeunesse
Stéphane Gauthier témoigne de sa jeunesse ravagée par la drogue
Ex-accro à la drogue et à l'alcool, Stéphane Gauthier a vécu un parcours semé d'embûches, avant de devenir sobre et de s'apprécier à nouveau comme personne.
Maintenant intervenant à la maison des Jeunes de Saint-Émile et étudiant en éducation préscolaire et enseignement primaire à l'UQÀR (campus de Lévis), Stéphane Gauthier a raconté à Québec Hebdo comment il a plongé dans l'univers de la drogue pendant toute sa jeunesse. L'interviewé a livré un témoignage empreint d'espoir, dans lequel il a insisté sur l'importance qu'ont joué les organismes du milieu dans sa réinsertion sociale.
Tout a commencé à l'âge de 9 ans. «Je n'avais pas les deux pieds dans la toxicomanie. Au début, c'était des drogues douces. Puis, au secondaire, j'avais un groupe de musique punk-rock, c'était normal d'en prendre. Tout le monde fêtait. J'ai augmenté rapidement ma fréquence de consommation», précise-t-il.
Stéphane Gauthier ajoute que la personne l'ayant le plus influencé dans sa consommation est lui-même. «J'ai arrêté de grandir vers l'âge de 16 ans; je suis très petit. Ça m'a complexé toute ma vie. J'étais aussi très anxieux. Il n'y avait pas de problème de toxicomanie dans ma famille, mais de santé mentale. (…) La drogue a été un moyen de calmer cette anxiété», explique-t-il.
Dégrisement
L'intervenant de la Maison des Jeunes de Saint-Émile est demeuré à Matane jusqu'à l'âge de 19 ans, année où il vit un delirium tremens qui lui fait perdre la carte. «J'ai vécu un certain ennui, il y avait un manque d'activités», décrit-il.
C'est à cet âge aussi que Stéphane déménage à Québec. De 22 à 27 ans, il suit des thérapies qui finissent en rechute. Mais il se raccroche chaque fois, de sorte qu'il complète 11 thérapies. Un jour, il se retrouve à la Maison Lauberivière, les joues creuses, pesant à peu près 100 livres et ne mangeant presque plus. «C'était l'enfer, je n'étais jamais conscient de ce que je faisais. J'ai passé trois semaines en dégrisement», raconte-t-il.
Plusieurs rôles à Marie Frédéric
Après ce bref passage à Lauberivière, Stéphane Gauthier s'est rendu à la Maison Marie Frédéric pour se prendre en main et développer avec les intervenants un projet de vie.
Après de nombreux ateliers pour mieux se connaître comme personne, Stéphane Gauthier a réfléchi à son avenir professionnel, mais aussi à ses relations sociales, amoureuses et familiales. «J'ai de bons liens avec ma famille. Ils ne m'ont jamais renié, malgré toutes mes tentatives. Les intervenants de Marie Frédéric ont aussi cru en moi», commente-t-il.
Chaque année, une soixantaine de jeunes transitent dans les murs de l'organisme. Stéphane Gauthier y a tenu plusieurs rôles, passant d'usager à intervenant de nuit. Il fait maintenant partie du conseil d'administration.
Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, associé à la Maison Marie Frédéric depuis 1988, a versé cette année 70 000$ à l'organisme. Pour sa campagne de financement lancée le 22 septembre dernier, Centraide souhaite amasser 10,2 M$. Pour faire un don en ligne:
www.centraide-quebec.com
«La drogue était devenue pour moi un besoin naturel comme manger»