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À la mémoire du regretté Pierre Falardeau

Article mis en ligne le 28 septembre 2009 à 5:30
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À la mémoire du regretté Pierre Falardeau
Cher Pierre, cher membre honorable de la courte liste des libérateurs de peuples.

Merci pour ton engagement qui nous permis de mieux connaître notre histoire patriotique. Je me souviens de cette première rencontre en 1995 au Festival du cinéma québécois à Blois surtout lorsque nous avons fêté ensemble ta Salamandre d’or à Octobre, le Prix du public remis au film le plus populaire. Cela te méritait un lancement officiel en grande pompe à Paris un an plus tard et j’y étais. Lors du lancement du film à Paris, je t’avais promis d’organiser une conférence à la Sorbonne avec le président de l’Association des étudiants québécois en France, mon ami Jocelyn Tremblay. Ce n’est que quelques années plus tard qu’avec Jocelyn nous avons répondu positivement en créant un comité de financement de 15 février 1839 à Québec.

Cette soirée-visionnement-conférence organisée à la caserne de Robert Lepage pour cueillir des fonds avec l’instigatrice du comité, l’amie Nadine Vincent, fut tellement un succès qu’on y amassa plus de 5000 $ à coup de 5$ et 10$ en échange de cassette vidéo de Le temps des bouffons ou pour ton scénario de 15 février 1839. Grâce à ta notoriété, ta verve pugnace et à ton sens de la répartie légendaire, nous avions atteint l’objectif de mobiliser les gens de la Capitale-Nationale pour que tu réalises une œuvre monumentale au nom de nos patriotes.

Je me souviendrai de tes esclandres d’homme libre penseur comme il ne s’en fait plus. Je penserai à ton frère Jean de Québec par qui venaient les bonnes nouvelles sur tes projets et malheureusement par qui est venue la mauvaise nouvelle de ta maladie maintenant fatale. Comment faire pour perpétuer ton œuvre ici et ailleurs? Après ton départ, ton sens du patriotisme et de son éducation populaire sera-t-il réincarné en un digne successeur aussi libre? Y a-t-il une date de péremption comme sur un pot de yogourt?

Qui d’autres que toi pourra nourrir la liberté de cette nation reconnue, mais fédérée? Qui est ce libérateur qui pourra enflammer autant le souhait d’un peuple incandescent cherchant encore à corriger des erreurs historiques inhérentes à son cheminement vers l’indépendance? Je n’en vois pas. La liste est courte et tournée vers le passé! Pour moi, il y a eu Papineau et De Lorimier, Félix et René, Jacques et Bernard, Gaston et... Pierre!

Je me souviendrai toujours de ton franc parlé, tel un vrai plus vrai que vrai Elvis Gratton. Un jour d’octobre, nous étions allés visiter des militants contre la pauvreté qui campaient sur la neige devant l’Hôtel du Parlement pour finaliser une pétition suggérant un projet de loi sur la pauvreté. Après avoir signé, tu leur avais dit en scandant de ta voix railleuse : «C’est pas icitte qu’il faut manifester bande de colonisés, c’est à Ottawa le vrai Parlement. L’Assemblée nationale c’est rien qu’une grosse commission scolaire qui gère des hôpitaux!» C’était du Falardeau à son meilleur!

Tu vas nous manquer. Qui d’autres que toi que toi pour continuer ce combat patriotique?
Jean Cloutier, Québec

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