C'est un départ!
La campagne en vue de l'élection municipale du 1er novembre est officiellement lancée. Dans un peu plus d'un mois, les électeurs des quatre coins du Québec se rendront religieusement aux urnes afin d'accorder leur confiance à celui ou celle qui aura su les convaincre de sa bonne volonté à mener à bon port les projets de leur municipalité.
Pendant qu'à Montréal Louise Harel et Gérald Tremblay se crêpent le chignon à grands coups de déclarations incendiaires et d'attaques personnelles, la ville de Québec ressent à peine la frénésie entourant habituellement un tel rendez-vous. La raison, elle est bien simple : l'actuel grand manitou de la capitale fait cavalier seul. Lonesome cowboy Labeaume, à moins d'un revirement de situation inattendu, ne devrait avoir aucune difficulté à reconquérir son trône pour un autre mandat de quatre ans.
Bien sûr, il y a Yonnel Bonaventure. Après avoir défendu fièrement les couleurs des Verts aux niveaux provincial et fédéral, s'inclinant notamment face à Agnès Maltais et Christiane Gagnon, voilà que le restaurateur et consultant en alimentation a accepté la mission d'affronter Régis Labeaume. Lui et les membres du Défi Vert de Québec auront toutefois fort à faire s'ils souhaitent élire ne serait-ce qu'un seul candidat à l'Hôtel de ville.
La véritable opposition, elle aurait pu venir du Renouveau municipal de Québec qui, rappelons-le, avait fait élire 24 conseillers sur une possibilité de 37 en 2005. Mais ce ne sera pas le cas. Décimé par les départs forcés et volontaires de ses porte-couleurs au cours de la dernière année, le parti vogue depuis sous un ciel des plus menaçants, à bord d'une embarcation qui donne l'impression de prendre l'eau. En à peine un an, la formation politique a vu trois capitaines se succéder à son gouvernail, soit Ann Bouget, Alain Loubier et Anne Beaulieu. De quoi donner raison à tous ceux et celles qui estiment que le Renouveau municipal ne s'est jamais remis du départ de Jean-Paul L'Allier.
C'est donc sans candidat à la mairie que le RMQ s'aventure dans la campagne 2009. Allant même jusqu'à être absent dans plusieurs districts de la capitale, le parti préfère laisser toute la place aux candidats indépendants plutôt que de proposer des candidats «bonbons» dont la présence n'aurait pour effet que de diviser le vote. Le Renouveau préfère jouer une autre carte, soit celle d'approcher les indépendants élus au lendemain du 1er novembre dans le but de former une opposition forte qui saura ramener Régis Labeaume à l'ordre, le cas échéant. Reste maintenant à voir si ces mêmes indépendants choisiront grimper à bord d'un bateau qui a toutes les allures d'un radeau…
Les médias et la politique
À défaut d'avoir droit à un réel débat d'idées entre plusieurs aspirants à la mairie, il sera intéressant de surveiller la lutte que se livreront les candidats dans certains districts, notamment aux endroits où seront en lice d'anciens membres des médias.
Dans Robert-Giffard (Beauport), l'affrontement s'annonce serré entre Marc Simoneau et Michel Bédard. Biens connus pour leur engagement dans le milieu, les deux hommes devraient récolter leur part de votes, de sorte qu'il est difficile de prédire l'issue de cette confrontation.
Dans le district de la Chute-Montmorency, l'ancienne journaliste du Soleil, Julie Lemieux, livre bataille notamment à l'indépendante Carole-Bégin Giroux.
Enfin, notons la présence de l'ancienne chroniqueuse Claude Thibault dans le district Saint-Sacrement/Belvédère, elle qui fait face à un conseiller d'expérience en la personne d'Yvon Bussières. La popularité de la blonde porte-parole des lunetteries New Look aura-t-elle raison de celui qui, d'une élection à l'autre, termine la soirée avec une imposante majorité? À suivre…