Paul Bourget s’inquiète de ce qui arrivera de ces entreprises qui peinent à trouver un successeur au chef de direction. (Photo Luc Fournier)
Quand la pénurie de main-d'œuvre atteint les chefs d’entreprises
La passation des pouvoirs n’est pas chose simple
Sept propriétaires d’entreprises sur dix quitteront le navire dans la prochaine décennie. À qui vendre l’entreprise? Qui a les reins assez solides financièrement et la fibre entrepreneuriale assez développée pour prendre la barre de la boîte? Cette personne se trouve-t-elle au sein de mon équipe de direction? Devrais-je céder mon entreprise à mon ou mes enfants? Toutes des questions qui frappent de plein fouet le chef d’entreprise qui veut partir à la retraite. Ainsi, il vaut mieux, pour le pdg comme pour ses employés, que le transfert des pouvoirs soit planifié plusieurs années avant le départ.
La problématique touche toute la province. Toutefois, Québec est particulièrement affecté puisque les entreprises sont souvent plus petites. Des entreprises qui ne peuvent pas compter, pour plusieurs, sur une direction structurée ou un vice-président. Le chef d’entreprise fait parfois figure d’homme-orchestre.
Qu’arrive-t-il alors si le patron n’est pas là demain matin? Les chefs d’entreprises ne savent souvent pas quoi répondre lorsqu’on leur pose la question, constate Paul Bourget, président de Vision Relève, une entreprise spécialisée dans le transfert d’entreprise. «L’humain attend à la dernière minute. À 55 ans, ils réalisent que la retraite s’en vient, mais le problème, c’est qu’ils ne savent pas quoi faire.»
La problématique est simple : 80% de l’économie est constituée par des PME. Si personne n’a les capacités financière et entrepreneuriale de prendre la direction de ces entreprises, celles-ci – ainsi que leurs employés – sont dans un sérieux pétrin. De cette façon, le chef d’entreprise qui n’est pas préparé devra vendre à rabais ce qu’il a créé à la sueur de son front, vendre à un de ses enfants tout en gardant un oeil sur les affaires de l’entreprise, ou simplement fermer boutique.
Pour Paul Bourget, il est important non seulement de bien planifier le côté financier, mais aussi l’aspect humain de la passation des pouvoirs. Car une entreprise a une âme, une culture d’entreprise avec des relations employés, des relations clients propres à elle. En fait, selon le président de Vision relève, 80% du cheminement tourne autour de l’aspect humain, et seulement 20% constitue la paperasse financière.
Alors qu’à une certaine époque, le patron se tournait souvent vers sa progéniture pour assurer la continuité de l’entreprise, il en est tout autrement maintenant. «La plupart du temps, les enfants ne sont pas intéressés», constate Paul Bourget. Et encore faut-il que le fils ou la fille ait trempé dans l’entreprise pour bien la connaître, ce qui est de moins en moins fréquent.
Ainsi, le patron qui lègue son entreprise à une autre génération devra garder un oeil attentif sur ce qui se passe dans l’entreprise même après avoir pris sa retraite. Car c’est souvent lui qui prendra en charge la balance de prix de vente, puisque peu de banques financeront intégralement un tel transfert d’entreprise entre générations. Pour ce chef d’entreprise, la retraite tranquille est loin d’être assurée.
Ainsi, le patron devrait prévoir cinq à dix ans la passation des pouvoirs avant sa retraite.
Alain Germain
Commentaire mis en ligne le 30 septembre 2009Bonjour M. Fournier,
Suite à la lecture de votre article, je vous ai fait parvenir hier l'adresse de notre site (www.transitionconseils.ca), si cela vous intéresse, j'aimerais discuter avec vous de notre planification stratégique. Cette planification est un outil incontournable pour les dirigents d'entreprise qui sont en mode acquisition, fusion ou vente. Vous pouvez me joindre au 514-798-1887, cell: 514-602-5117 ou par courriel.
En espérant avoir le plaisr de discuter avec vous,
Alain Germain