Après avoir ramassé quelque 28 000 mégots de cigarettes en Ontario et au Québec, l’ACDA en vient à la conclusion que plus du tiers des cigarettes fumées près des écoles secondaires proviennent du commerce illégal. (Photo Luc Fournier)
Le tiers des cigarettes fumées près des écoles proviennent de la contrebande
Les dépanneurs exigent une baisse de taxe sur les produits du tabac
L’Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA) a trouvé un moyen pour le moins inusité de se battre contre la contrebande de tabac, qui fait mal aux ventes de tabac légal. En rendant disponibles des études sur la consommation de cigarettes illégales dans les écoles secondaires de la région, l’ACDA espère que le gouvernement baisse les taxes sur le tabac afin de freiner la contrebande.
L’ACDA a ainsi mis de l’avant une étude dans les écoles. On a amassé, sur les cours d’école du Québec et de l’Ontario, des mégots de cigarettes. Selon leur aspect et les inscriptions qu’on y retrouve, on peut savoir si la cigarette provient du commerce légal ou non.
«Notre message est simple, lance Michel Gadbois, vice-président de l’ACDA au Québec. Si vous n’êtes pas capables de sortir ce produit-là de nos cours d’école, baissez les taxes.» Au Québec, la proportion de mégots de cigarettes illégales qu’on a trouvés près des écoles secondaires frise 40 %.
Dans les arrondissements La Haute-Saint-Charles et Des Rivières, on a constaté, lors de l’enquête qui s’est déroulée du 22 avril au 8 juin 2009, que 40% des mégots retrouvés à l’école secondaire Neufchâtel proviennent de la contrebande. À l’école secondaire La Camaradière, c’est 31% des mégots. À la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette, c’est 35%, tandis que 31% des cigarettes fumées à l’école Samuel-de-Champlain ont été achetées illégalement. Finalement, c’est dans les arrondissements de la Cité et de Limoilou qu’on retrouve le taux le plus élevé de mégots «illégaux». Au St. Patricks High School, 43 % des mégots retrouvés provenaient de la contrebande. C’est 28% à l’école secondaire Joseph-François Perrault, 41% à Jean-de-Brébeuf et 37% à l’école secondaire Notre-Dame-de-Roc-Amadour.
L’Association canadienne des dépanneurs en alimentation croit que «par leur inaction, nos élus se font les complices des bandits et d’une nouvelle génération de jeunes fumeurs accrochés à la contrebande de tabac», de continuer M. Gadbois.
En baissant les taxes, les dépanneurs regagneraient une partie de la clientèle qui s’est tournée vers la contrebande. L’impact que cela aurait sur la consommation de tabac chez les jeunes demeure toutefois un mystère et, comme il leur est interdit de se procurer des cigarettes dans les points de vente autorisés, il est loin d’être certain que leurs habitudes changeraient. Ainsi, l’ACDA, sous le prétexte de la consommation de tabac chez les jeunes, désire surtout revoir dans ses dépanneurs ces fumeurs qui ont traversé la ligne de l’illégalité.
Daniel Gagné
Commentaire mis en ligne le 22 septembre 2009Je suis totalement en désaccord pour que l'on rebaisse baisse le prix des cigarettes comme en 1994...
J'ai moi même commencé a fumer a l'âge de 14 ans (1994) suite a une baisse considérable du prix des cigarettes de 10$ à 2,50$ du jours au lendemain.
Ca fait maintenant 1 an que j'ai réussi à arrêter de fumer et il faut dire que le prix a quand même affecté ma décision d'arrêter.
Ne trouvez vous pas que c'est une forme de manipulation avec une dépendance qui est extrêmement difficile a se départir?
Ne croyez-vous pas que le prix de la cocaïne est le facteur principal qui fait qu'un cocaïnomane arrête de consommer de la cocaïne aussi?