Les comédiennes Éva Saïda (Anouk), Denise Verville (Pauline), Marie-Ginette Guay (Céline) et Sylvie Cantin (Anne) incarnent les femmes de Quatre à Quatre de Michel Garneau. (Photo courtoisie)
Quatuor au féminin
Dans un décor minimaliste d’escaliers mouvants conçu par Marie-Renée Bourget-Harvey, Anouk (Éva Saïda) crie son amour qu’elle vient de laisser. Entourée des trois femmes de sa lignée, la jeune femme amorcera un dialogue pour se libérer de la tradition et vivre en toute liberté.
Marie-Hélène Gendreau signe la mise en scène de Quatre à Quatre, présentée jusqu’au 10 octobre au Théâtre de la Bordée. La langue franche et populaire de Michel Garneau est merveilleusement portée par la grand-mère Pauline (excellente Denise Verville).
La mère Céline (Marie-Ginette Guay) et l’arrière-grand-mère Anne (Sylvie Cantin) complètent le quatuor féminin exprimant à la fois sa déchirure amoureuse, l’appartenance à la terre, ses espoirs brisés et même le deuil d’un amour idéal.
Anouk devient parfois cinglante lorsque sa mère évoque son amour qu’elle garde en veilleuse pour son mari venant à la maison quelques fois dans l’année et lui écrivant autrement avec du papier Saint-Louis de l’hôtel du même nom. Dans sa vie même, Anouk désire ardemment se défaire des carcans de sa lignée pour naviguer librement dans les flots de l’amour.
C’est avec fougue, passion, tendresse et amitié que Pauline, Anne, Céline et Anouk aborderont les grands thèmes de la vie que sont l’amour et les liens familiaux. Toutes défendent leur rôle avec brio et sont convaincantes dans l’attitude qu’elles adoptent face aux événements.
Les éclairages d’Hubert Gagnon servent bien le texte mais sont à certains moments trop présents, en particulier dans l’ouverture. La musique originale de Millimétrik, quant à elle, amène un vent de modernité dans la partition de Michel Garneau écrite en 1973.