Réflexions pour une ville écodurable et écoviable
La ville idéale, du moins celle qu'on souhaite que Québec devienne, serait une cité affichant un important souci pour un développement respectueux de l'environnement et pour le bien-être de ses occupants.
Cet espoir a été clairement exprimé hier soir, lors d'une discussion autour du thème «La ville que nous voulons», organisé par le collectif du même nom. Les panellistes invités, Jean Bousquet, ingénieur forestier et professeur à l'Université Laval, Winnie Frohn, ex-conseillère municipale à Québec et professeur d'urbanisme à l'UQAM, Réjean Lemoine, ex-conseiller municipal à Québec et chroniqueur urbain, ainsi que Véronique Laflamme, militante de luttes urbaines pour divers comités, ont livré leurs réflexions pour tendre vers une ville mieux organisée.
D'entrée de jeu, Jean Bousquet a martelé que le virage vers le développement durable est incontournable. «Il faut favoriser l'urbanisme durable et écoviable, ce qui n'a pas été le cas ces dernières années à Québec. Pourtant, note-t-il, ce n'est pas une lubie d'écolos durs. De tels concepts sont mis en pratique à Bordeaux, ville jumelle de Québec en France, mais aussi à Vancouver, Ottawa et Sherbrooke»
De l'avis de M. Bousquet, il importe de bâtir vert, d'opter pour des transports moins polluants et de conserver un bon couvert boisé en milieu urbain. «Pour cela, on doit densifier la ville intelligemment et encourager la mixité des usages (commerces, habitats et services). Minimalement dans chaque quartier et, parfois, dans un même bâtiment. À la base, la ville doit être agréable à vivre, autrement on encourage l'étalement urbain.»
S'exprimer aux élections
Pour Winnie Frohn, l'avènement des élections est justement un moment tout désigné dans la démocratie municipale pour exprimer ses attentes et souhaits d'amélioration. «Il en va de la responsabilité de chacun de contribuer à la participation citoyenne. Après tout, la ville appartient à ses citoyens, pas aux politiciens, rappelle celle qui déplore la tendance actuelle aux candidats indépendants. Car, pour bâtir une ville, il faut avoir un programme et une équipe pour le mettre en application.»
Un propos qui rejoint son ancien collègue Réjean Lemoine, qui déplore la désintégration de la politique. «Or, le changement passe par la politique. Il ne faut surtout pas prétendre que les citoyens n'ont pas le pouvoir de faire changer les choses. La preuve, nous sommes actuellement dans un édifice (ÉNAP), qui aurait été remplacé par le stationnement d'un centre commercial si les gens ne s'étaient pas mobilisés pour réorienter le développement de Saint-Roch», témoigne-t-il.
Pour Véronique Laflamme, le problème avec un maire qui a carte blanche comme Régis Labeaume, c'est qu'il peut être tenté de passer outre les institutions et règlements en place. «Déjà, observe-t-elle, plusieurs comités ont été créés, notamment sur le développement et la mobilité, mais on ne donne pas de suivi et on n'attend pas les conclusions avant de lancer des projets qui auront un impact sur la vie des gens.»
Opposition citoyenne
Dans un contexte où l'opposition s'étiole à l'hôtel de ville, les quatre panellistes préviennent que les citoyens doivent demeurer aux aguets et s'engager pour faire bouger les choses. C'est par l'organisation et la mobilisation citoyenne qu'on obtient des améliorations à la qualité de vie. Pour cela, il faut oser dire quelle sorte de ville nous voulons pour l'avenir et, surtout, ne pas rester spectateur.