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Regarder la mort par la lentille

Deux photographes captent la mémoire des cimetières de Québec

Véronique Demers par Véronique Demers
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Article mis en ligne le 22 septembre 2009 à 9:01
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Regarder la mort par la lentille
Louise-Andrée Laliberté et Daniel Tremblay lanceront un livre de photographies artistiques aux éditions GID, mettant en scène les cimetières de Québec.(Photos Véronique Demers)
Regarder la mort par la lentille
Deux photographes captent la mémoire des cimetières de Québec
Depuis deux ans, Louise-Andrée Laliberté et Daniel Tremblay arpentent les quelque 30 cimetières de la grande région de Québec. Véritables musées à ciel ouvert, ceux-ci ont été croqués en couleurs et en noir et blanc. Les meilleures images se retrouveront dans un livre à paraître aux éditions GID.
Le duo de photographes réalise son deuxième ouvrage après Art sacré, actes créateurs, portant sur les églises. En entrevue avec Québec Hebdo, Mme Laliberté précise tout de go qu'il s'agit d'un travail artistique.

«On voulait s'éloigner de la documentation, de l'archivage, puisqu'il y a déjà eu un document de référence réalisé sur les cimetières de la province de Québec. De notre côté, on a décidé de se concentrer sur la région de Québec», précise Mme Laliberté. «Ce n'est pas un trip religieux. On a fait ce travail pour la mémoire», ajoute-t-elle.

Les photographes ont notamment apprivoisé les espaces des cimetières Belmont, Mount Hermon, Saint-Patrick et le parc linéaire du cimetière Saint-Charles. Au cimetière Mount Hermon, par exemple se trouvent les tombes de communautés protestante, catholique, grecque orthodoxe et des tombes de soldats américains.

Chaque lieu de sépulture se distingue par son aménagement particulier, que ce soit des cimetières privés, paroissiaux, jardins, ou des columbariums.

Les conditions climatiques n'ont pas rebuté les auteurs à s'aventurer sur le terrain avec leur appareil-photo. Au contraire. «Après une tempête, je suis venu à Saint-Patrick. C'était magnifique», résume M. Tremblay.

Le travail photographique de Louise-Andrée Laliberté et Daniel Tremblay se caractérise par de longues expositions jouant avec l'éclairage naturel. Les auteurs ont choisi aussi de ne pas effectuer de retouches.
En voie de désuétude
Pendant ses séances photographiques, Daniel Tremblay a remarqué que certaines tombes sont carrément laissées à l'abandon. «Il y a une section au cimetière Saint-Patrick où les tombes sont envahies par les ronces. Ce n'est pas entretenu. On est en train de perdre la tradition. Qui irait entretenir la tombe de son arrière-grand-père?», a lancé M. Tremblay.
Les photographes ont constaté que le rapport à la mort a changé au cours des dernières décennies. «La façon dont nous gérons la mort peut se résumer en quatre étapes: le service, l'enterrement, la solitude face au deuil et la commémoration. Aujourd'hui, il n'y a plus nécessairement de réunion. On veut cacher la mort. Les gens ont tendance à ne pas projeter plus loin», commente Louise-Andrée Laliberté.

«Le livre que nous préparons n'est pas une analyse sociologique. L'accent est mis sur les photos qui sont accompagnées de courts textes», prévient l'historien qui travaille à l'Université Laval. D'ici la sortie de l'ouvrage prévue pour septembre 2010, Daniel Tremblay et Louise-Andrée Laliberté devront se pencher sur 3 000 clichés pour ne retenir que les meilleurs.

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