Errol Duchaine et Alain Crevier animent respectivement La Semaine verte et Second Regard, deux émissions de Radio-Canada où le cœur de l’équipe est situé dans la Vieille Capitale. (Photo Véronique Demers)
La Semaine verte et Second Regard
perdurent
Malgré les temps durs dans les médias
La rentrée télévisuelle a vu naître un flot de nouveautés, des reprises et des classiques. Second Regard et La Semaine verte à Radio-Canada se classent haut la main parmi les vieux routiers avec une formule éprouvée.
D’abord conçue pour les agriculteurs avec un vocabulaire spécialisé, La Semaine verte a amorcé un virage il y a 18 ans, en passant d’une émission de service pour les agriculteurs à une émission d’information pour tous. «Avant, le monde agricole approuvait la matière et les groupes. Après le changement de cap, on a eu les coudées franches, il y a eu une véritable ouverture», raconte Errol Duchaine, animateur à la barre de l’émission depuis 8 ans.
Il y a 18 ans, c’est aussi la période où La Semaine verte déménage son quartier général de Montréal à Québec. «Québec est plus centrale, on se rapproche de tout le reste de la province», justifie M. Duchaine.
La Semaine verte semble bien remplir son mandat de vulgariser l’agriculture dans son sens large, puisque l’émission a gagné le 10 septembre dernier le prix Hommage des prix de la ruralité, décernés par l'Association des centres locaux de développement du Québec (ACLDQ), la Fédération québécoise des municipalités (FQM), la Solidarité rurale du Québec (SRQ) et l'Union des municipalités du Québec (UMQ).
Eau de New York
Malgré sa 39e saison et quelques honneurs, La Semaine verte n’a pas échappé aux compressions budgétaires subies à Radio-Canada. Curieusement, le poste de journaliste web a été aboli. Donc exit le contenu original dédié au web.
Cette année, Errol Duchaine et ses collaborateurs auront les yeux rivés sur plusieurs enjeux, dont l’eau potable. «L’eau de New York est la meilleure au monde. Pourtant, il n’y a pas d’usine de filtration. On a envoyé une équipe afin de découvrir quelle est la méthode utilisée, et s’il y aurait moyen bientôt de l’importer au Québec. (…) Un autre sujet qui nous préoccupe est de constater le chemin que nous avons parcouru dans la lutte à la pollution», cite-t-il.
Sujet universel
La philosophie, la spiritualité et la quête de sens dans la vie de l’homme ont toujours occupé une place prépondérante dans toute l’histoire de l’Humanité. «Malgré les compressions et les changements dans les modes de production à Second Regard, c’est peut-être pour son sujet universel que l’émission va bien et qu’on évite du même coup la montréalisation», explique Alain Crevier, animateur de l’émission depuis 15 ans.
Notons que l’émission a suivi un parcours similaire à celui de la Semaine verte, en passant les 22 premières années à Montréal avant de s’installer à Québec. L’an prochain, Second Regard soufflera ses 35 printemps.
Bien que les églises se soient vidées et que les traditions religieuses ont pris une tangente différente de celle des années 1970, les croyances soulèvent encore les passions. Second regard se nourrit de l’actualité pour la réalisation de ses reportages. «On n’a qu’à penser au 11 septembre 2001. On a abordé tous les angles et on a pris beaucoup d’images. (…) Depuis cette date, notre vision de Dieu a-t-elle changé? Plus récemment, il y a eu la commission Bouchard-Taylor et le cours d’éthique et de culture religieuse», note M. Crevier.
La Semaine verte et Second Regard sont diffusées le dimanche à 12h30 et à 13h30 à la télévision de Radio-Canada.