Éric Gagné aura sûrement son mot à dire si les Capitales veulent aller loin en séries.
L'heure de vérité pour les Capitales
La question est sur toutes les lèvres depuis que les hommes de Michel Laplante ont officialisé leur place dans les séries : Est-ce que les Capitales ont les éléments nécessaires pour rafler les grands honneurs? Nous sommes sur le point de connaître la réponse puisque la série demi-finale de la Ligue Can-Am opposant les Capitales au Rox de Brockton débutera ce soir dès 19h05, au Stade municipal.
Les prochains jours s’annoncent très excitants pour les habitués du Stade municipal. La série trois de cinq entre Québec et Brockton risque de se rendre à la limite et devrait offrir du calibre relevé étant donné qu’elle réunit deux superpuissances de la ligue. Bien que le baseball se joue sur le terrain et non sur papier - la première moitié de saison des Capitales, ça vous dit quelque chose? – une analyse des forces en présence est de mise à l’aube de cette série.
Après l’une des pires premières moitiés de saison de leur histoire, les Capitales ont su redresser la barque sans pour autant devoir apporter des modifications extraordinaires à leur alignement. Avec une récolte de 31 victoires, les Caps ont remporté le championnat de la deuxième moitié de saison. Les représentants du Québec misent sur une attaque balancée et prolifique et sur une défensive étanche. Les points d’interrogation se retrouvent surtout sur la butte.
De leur côté, le Rox de Brockton a clôturé la saison avec le meilleur dossier cumulatif (56-37) de la Ligue Can-Am. Ironiquement, l’équipe du Massachussetts n’a pas été en mesure de gagner une seule moitié de saison. Le Rox compte sur des frappeurs redoutables et sur le meilleur personnel de lanceurs.
L’attaque
Les deux équipes ont des attaques intéressantes et redoutables. Les Capitales ont terminé au premier rang pour les points marqués avec 522 et le Rox deuxième avec 490. L’équipe de Brockton a toutefois été la meilleure pour la moyenne au bâton (,289 contre ,274 pour Québec).
Le Rox a quatre frappeurs de plus de 10 circuits (Palmer Karr, Clyde Williams, Keith Brachold et Jud Thigpen) et quatre producteurs de plus de 60 points (Karr, Williams, Brachold et Falu). Le Rox est bâti autour de la puissance et ne fait pas preuve de beaucoup de patience. Même si la moyenne au bâton de l’équipe est élevée, le pourcentage de présence sur les buts du Rox est inférieur à celui des Capitales (,358 pour Québec contre ,356 pour Brockton).
Outre Christopher Valencia, le Rox n’a pas la vitesse pour étourdir une défensive. Avec cinq droitiers, trois gauchers et un frappeur ambidextre dans la formation de départ, le Rox est un mieux balancé que les Capitales.
Les frappeurs des Capitales sont plus que tannants pour les lanceurs adverses. Ils soutirent des buts sur balles, se rendent constamment sur les sentiers d’une façon ou d’une autre, et forcent les lanceurs à effectuer beaucoup de tirs. Un joueur comme Sébastien Boucher, qui frappe habituellement au neuvième rang, est un spécialiste pour se rendre loin dans le compte.
Dans une série trois de cinq, ce facteur peut s’avérer important. À l’exception de Pierre-Luc Laforest, le meilleur frappeur de puissance de la Ligue Can-Am, les Capitales n’ont pas un alignement très puissant. Ils sont plutôt balancés entre la vitesse, la patience et l’opportunisme. Josh Colafemina, Goefrey Tomlinson, Ivan Naccarata, Alex Nunez et Sébastien Boucher sont de véritables pestes pour les lanceurs et les receveurs en raison de leur capacité à voler des buts.
La défensive
S’il y a un endroit où les Capitales sont clairement supérieurs au Rox, c’est au niveau de la défensive. Les Caps n’ont commis que 85 erreurs tandis que le Rox a cafouillé à 113 reprises. À presque toutes les positions, les Capitales ont un avantage marqué. Derrière le marbre, Laforest est nettement meilleur que Grossman qui, malgré son bon bras, effectue souvent des relais erratiques lors des tentatives de vols de buts et qui est sujet aux balles passées.
Au troisième but, Patrick Deschênes est aussi supérieur à Philip Cuadrado tandis que Josh Colafemina est un artiste lorsqu’il tourne le double-jeu. Au champ extérieur, Goefrey Tomlinson et Sébastien Boucher sont sans doute deux des meilleurs voltigeurs défensifs du baseball indépendant.
«The name of the game is pitching». Pas de doute, la série va se jouer sur la butte! Et à ce niveau, le Rox a les dessus sur les Capitales. Mercredi, lors du match numéro un, le Rox déploiera Wayne Lundgren, le lanceur droitier par excellence de la Ligue Can-Am, au monticule. Pour un premier test, ce ne sera pas facile. Du côté des locaux, Éric Gagné obtiendra la balle des mains de son gérant Michel Laplante.
Malgré une progression constante et impressionnante, Gagné demeure une énigme aux yeux de plusieurs. Sa performance de vendredi dernier, contre les Jackals, a semé un doute dans l’esprit de certains partisans. Il sera intéressant de voir comment il performera dans une situation dramatique, lui qui a toujours bien géré la pression.
Dans le match numéro deux, Michel Simard affrontera Craig Anderson, un gaucher qui pourrait donner du fil à retordre aux nombreux frappeurs gauchers des Capitales. Cependant, les hommes de Michel Laplante ont mieux frappé contre les gauchers que contre les droitiers cette saison. Michel Simard est encore un excellent lanceur, même s’il n’a pas été aussi dominant que la saison dernière. Il a déjà prouvé qu’il pouvait être excellent dans les grandes occasions.
La carte cachée des Capitales s’appelle Karl Gélinas, le lanceur partant du troisième match. Alors que son opposant sera Jeff Long, Gélinas souhaitera faire oublier sa contre-performance des dernières éliminatoires. Si son bras peut tenir le coup, Gélinas a l’étoffe pour museler les frappeurs du Rox. Plus tôt cette semaine, Patrick Deschênes avouait que Karl Gélinas, lorsqu’il est en forme, est le meilleur lanceur de la ligue.
Si la série doit se poursuivre au-delà de trois parties, ce qui risque fort bien d’arriver, le Rox devra décider qui entre John Kelly et Freddy Flores sera d’office au monticule. On peut mettre un petit 2 $ que le vétéran Kelly sera l’élu du gérant Chris Carminucci. Les Capitales ont déjà désigné Dan Sausville pour cet éventuel match.
Les chiffres sont parfois ironiques. Lorsque Gagné et Simard ont obtenu le départ, les Capitales présentent une fiche de 19-18 tandis qu’ils ont conservé un dossier de 23-6 avec Gélinas, Sausville et Kukucka au monticule. Ce n’est pas compliqué, les Capitales iront aussi loin que Gagné et Simard les conduiront.