Victime de leur succès, certaines écoles comme l’Everest Elementary School à Duberger affichent complet.
Défis des écoles anglophones pour la rentrée 2009
Faire plus de deux heures d’autobus pour se rendre dans une école qui enseigne dans une langue qu’on ne comprend même pas : impensable? C’est pourtant la réalité que vivent plusieurs élèves qui fréquentent les différentes écoles de la Commission scolaire Central Québec. La rentrée 2009 représente bien des défis pour la communauté anglophone régionale et pour ceux qui sont admissibles à l’enseignement en langue anglaise.
La Commission scolaire Central Québec, qui comprend notamment des écoles au Saguenay, en Mauricie, à Chibougamau et à Thetford Mines en plus de celles de Québec, couvre un très vaste territoire. Les 19 écoles de la commission scolaire anglophone sont en fait des écoles régionales, par opposition à des écoles de quartier, ce qui exige des élèves de parcourir de grandes distances, parfois plus de 100 kilomètres par jour, pour se rendre en classe.
«Dans nos écoles de Québec, les élèves viennent de partout, du Mont Sainte-Anne, de Breakeyville ou de Pintendre. De tous les jeunes qui fréquentent les établissements de Québec, seuls trois ou quatre peuvent se rendre à leur école à pied», illustre Cathleen Scott, directrice générale adjointe et secrétaire générale à la Commission scolaire Central Québec. Elle cite même l’exemple de jeunes qui viennent d’aussi loin que de Saint-Gilles de Lotbinière et qui doivent quitter la maison aux alentours de 6 h 30.
La commission scolaire avait tenté de réduire ces longues heures de transport en commandant une étude indépendante en 1999. Mais l’éparpillement – il n’y a plus de quartier traditionnellement anglophone à Québec depuis belle lurette – laissait une seule solution possible : des cases horaires. «Les autobus auraient pu faire deux voyages et les cours auraient débuté à des heures différentes selon les groupes. Finalement, c’était compliqué pour le peu de bénéfices que cela apportait et nous avons laissé tomber», se souvient Mme Scott.
Malgré tout, les jeunes aiment fréquenter une école anglophone puisqu’on y retrouve un esprit de communauté qui répond à un réel besoin dans un contexte où les familles ayant des racines anglophones habitent loin les unes des autres selon Mme Scott. Rappelons que plus de 85 % des jeunes qui fréquentent les écoles de la Commission scolaire Central Québec sont unilingues francophones à leur arrivée. «Nous donnons toute la place à l’anglais dès le départ. Quand Noël arrive, la plupart des jeunes se débrouillent très bien», explique Cathleen Scott.
Clientèle en hausse
Contrairement à la situation des écoles où l’enseignement se fait en français qui voient leur nombre d’élèves diminuer année après année, la clientèle de la Commission scolaire Central Québec se maintient et va même jusqu’à augmenter dans certaines écoles. Un succès qui pose parfois problème puisqu’une école comme l’Everest Elementary School à Duberger est aujourd’hui pleine à craquer.
Enfin, trouver des enseignants anglophones qui acceptent de s’installer à Québec représente aussi un défi pour la commission scolaire anglophone. «On tente de recruter à l’Université Bishop’s’à McGill, mais aussi à Laval. Il reste que c’est très difficile de trouver de bons enseignants pour des matières comme les mathématiques et les sciences au secondaire. Il n’y a pas beaucoup de diplômés dans ces domaines», déplore la directrice générale adjointe.
«Sinon, les défis sont les mêmes que dans les écoles francophones : mettre en place des programmes contre la violence, encourager l’exercice et la saine alimentation, trouver des activités que les jeunes vont aimer et auxquelles ils vont participer. La seule différence c’est que tout cela se passe en anglais», termine Mme Scott.