Le ministre provincial responsable de la capitale, Sam Hamad, s'élève contre la tournure «nationaliste» que prend le Moulin à paroles.
Le Moulin à paroles fait jaser... au point d'être compromis
Bientôt 250 ans et la bataille des Plaines d'Abraham n'a toujours pas fini de susciter divergences et prises de bec à saveur politique. Tant et si bien qu'à quelques jours de la tenue du Moulin à paroles, devant commémorer deux siècles et demi d'histoire depuis le siège de Québec en 1759, les esprits s'échauffent et les vieilles chicanes partisanes prennent le devant de la scène. Au risque de compromettre l'événement lyrique.
Le coup de tonnerre qui a déchiré le ciel bleu au-dessus de Québec est venu, hier, du ministre libéral responsable de la capitale Sam Hamad. Sans mettre de gants blancs, ce dernier a dénoncé vertement l'orientation que prend le Moulin à paroles, «qui veut faire l'apologie de la haine et du terrorisme prônés par le Front de libération du Québec».
M. Hamad ne semble pas du tout apprécier l'intention des organisateurs de l'événement commémoratif de la bataille des Plaines, de prévoir faire la lecture du manifeste du FLQ. Dans sa virulente sortie, il a déclaré que le gouvernement du Québec se dissocie de la manifestation artistique, dont l'idée de départ consiste à lire des poèmes et textes ayant marqué l'histoire depuis la conquête anglaise.
Mal à l'aise avec le fait que le projet tend à rassembler une seule famille politique, Régis Labeaume a aussi mis en doute sa participation pourtant déjà annoncée. Le maire de Québec ne cache pas, pour sa part, que la présence de Patrick Bourgeois, du Mouvement de résistance du Québécois, l'indispose au plus haut point.
La ministre fédérale responsable de la région de Québec, Josée Verner, ainsi que la Commission des champs de bataille nationaux seraient en réflexion quant à la tournure que prend l'événement. Le Moulin à paroles doit prendre forme sur les plaines, du 12 au 13 septembre, durant 24 heures ininterrompues.
Du côté des organisateurs du Moulin à paroles, on déplore le désistement de toute une frange politique. Pour eux, le boycottage et la censure doivent également être perçus comme des gestes éminemment politiques.
Camille Dg
Commentaire mis en ligne le 9 septembre 2009Qu'est-ce que les jeunes en pensent?
http://lesbachelieres.com/?p=947