La ville de Québec s'est couverte à quelques reprises durant le mois d'août.
Un drap gris sur la ville
En période de grandes chaleurs comme l’a connue Québec dans les dernières semaines, il n’est pas rare que la ville se couvre d’un voile plus ou moins opaque. En fait, lorsque la température dépasse les 30° C, il y a une chance sur deux de constater la présence de smog, causé principalement par le transport.
Sur la photo croquée en pleine canicule qui montre la Haute-Ville comme si elle n’était que l’ombre d’elle-même, il y a effectivement présence de smog, confirme Environnement Canada. S’ils n’ont pas émis d’alerte, c’est que l’ozone n’était pas présent en quantité suffisante pour sonner l’alarme. Ce que l’on voit, ce n’est d’ailleurs pas tant l’ozone que des particules fines en forte concentration.
Car c’est l’ozone – qu’on croirait de prime abord notre ami – qui cause le smog, en été. La formation de l’ozone est le résultat d’une réaction photochimique, réaction amplifiée par les chauds rayons du soleil. «Il n’y a pas d’usines qui vont émettre de l’ozone», décrit Jacques Rousseau, météorologiste en qualité de l’air chez Environnement Canada. C’est plutôt les automobiles et les transports en général qui émettent de l’oxyde d’azote ou tout composé semblable de base «NO».
Les composés organiques volatils, comme les solvants et la peinture, peuvent aussi contribuer au smog. Ces particules mélangées avec une quantité importante d’ozone prennent l’allure d’une brume sèche, le smog, lorsque soumises à une température de plus de 30° C. De surcroit, «les périodes de canicule sont habituellement associées à une circulation atmosphérique du sud-ouest qui est aussi favorable au transport à grande distance de polluants en provenance du sud de l'Ontario et du Midwest des États-Unis», d’indiquer Environnement Canada.
L’ozone : l’ennemi?
L’ozone est surtout présent dans la stratosphère, à plus de 50 km de la terre, où le gaz agit comme un protecteur, filtrant les rayons UV du soleil. Sans cette couche d’ozone, aucune vie n’est possible sur terre. Toutefois, dans l’air que nous respirons au niveau du sol (troposphère), l’ozone est plutôt néfaste puisqu’il est un gaz oxydant. En grande quantité, il fait tousser.
En temps normal, ce gaz est présent dans l’air mais dans une concentration qui varie entre 10 et 30 parties par milliards (ppb). Dans le scénario décrit plus avant, lorsque pollution et grandes chaleurs se mélangent pour créer du smog, on compte plus de 80 ppb d’ozone dans l’air. Environnement Canada émet une alerte au smog lorsque cette concentration atteint 82 ppb.
L’hiver, un autre type de smog se crée. Ce sont surtout des particules fines qui, en grande concentration, forment ces voiles gris. Pour qu’on considère qu’il y a une période de smog dans la saison froide, il faut que le seuil de particules fines respirables dépasse 35 microgrammes par mètre cube. À cette période de l’année, les poêles au bois contribuent au rejet dans l’air de ces particules fines.
Un projet pilote pour Québec
Un nouveau système d’évaluation de l’air est d’ailleurs en essai dans la Vieille-Capitale. Celui-ci permet de tenir compte des concentrations d’oxyde d’azote et de particules fines, qui contribuent à la formation d’ozone, gaz à la source du smog.
Ce site conçu principalement pour les personnes aux prises avec des problèmes de santé peut éclairer ces dernières sur les précautions à prendre avant de sortir dans une période de chaleur intense où du smog pourrait s’accumuler en basse altitude. On peut déjà vérifier la qualité de l’air à Québec selon cette nouvelle «Cote air santé» sur le site web
www.coteairsante.qc.ca.