Stéphane Côté a lancé son troisième album, Des Nouvelles. L’opus aux textes parfois humoristiques et d’autres fois tendres est d’une facture sonore impressionnante. (Photos Luc Fournier)
Stéphane Côté livre un troisième album achevé
L’auteur-compositeur-interprète de Québec Stéphane Côté lance son troisième album, Des nouvelles, un disque où il est «allé plus loin sur le plan des arrangements». Il faut dire qu’il s’est bien entouré avec Alain Leblanc, qui a fait les arrangements de Écoute pas ça, de Jean-Pierre Ferland.
Enregistré en juin et juillet dernier, le disque que Stéphane Côté présente est basé sur l’observation, d’où la pochette aux allures de journal. De plus, tel un journaliste, le chanteur écrit rarement au «je», et se place comme un troisième joueur dans l’action. «Je m’imprègne du quotidien», d’ajouter l’homme à la voix qui peut ressembler, par moments, à celle de Nicola Ciccone.
De toute façon, «ce n’est pas mon cheval de bataille de faire de la critique», ajoute l’artiste bien enraciné à Québec. Même s’il a fait le choix de demeurer dans la capitale, il doit souvent travailler à Montréal, où ses musiciens bossent. Toutefois, pas question de s’y installer, malgré le jet-set et la visibilité qui peut être accrue. «J’suis comme dans un petit sentier à part.»
Stéphane Côté ne veut définitivement pas se laisser guider par les modes, comme celle de faire des duos. Idem pour les radios, pour lesquelles le chanteur n’a pas fait de compromis sur sa musique. «On ne s’est pas dit, faut que ça tourne à la radio.» De toute façon, «la radio peut être contournable», constate le chanteur en nommant Pierre Lapointe et Richard Desjardins, connus davantage par leurs spectacles que par leurs tubes radio.
C’est toutefois dans l’Est que le chanteur s’est fait connaitre, lors du Festival en chansons de Petite-Vallée, qu’il a gagné en 1999. D’ailleurs, la Gaspésie est toujours une terre d’accueil favorable pour le Sillerois de naissance. La tournée du Roseq, qui comprend plusieurs petites salles de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie figure parmi ses incontournables. Les spectacles donnés aux Iles-de-la-Madeleine sont parmi les plus populaires puisque souvent donnés à guichet fermé. Ironique, quand on sait que quelques-uns de ses spectacles donnés dans des grandes villes attirent une dizaine de spectateurs dans certains cas.
Encore une fois, le fait que la radio locale indépendante diffuse ses chansons l’aide et contraste avec les radios commerciales dont le contenu est de toute façon choisi à partir de Montréal. Pour être entendu dans ces radios, il faut être dans les «88 pistes» qui tournent en boucle dans ces radios, se désole l’artiste.
Ce n’est toutefois qu’en 2010 qu’on pourra voir Stéphane Côté à l’oeuvre… à moins de traverser l’Atlantique. Car c’est en Suisse et en France qu’il rodera son spectacle, qu’il présentera tantôt en solo ou en duo, d’autres fois en trio. L’artiste inspiré par Leclerc, Rivard, Vigneault et Beau Dommage s’est d’ailleurs produit en spectacle au-delà de 80 fois sur le Vieux Continent, soit presque autant qu’au Québec. «Ils ont un préjugé favorable envers les Québécois. Ça a quelque chose d’exotique pour eux.» Comme quoi l’adage qui dit que nul n’est prophète en son pays se vérifie!
Il ne s’est d’ailleurs pas dit fermé à aller demeurer en Europe un petit moment, advenant que son disque y soit distribué. Dans ce cas, il faudra appuyer sa sortie avec de la promotion, autant par des entrevues que des spectacles. «Il ne faut pas gaspiller les cartes de son jeu», dit-il avant de souligner n’être pas très businessman.
Il est plutôt un artiste et sans doute aussi un poète. «Je suis un peintre des mots», se qualifiera-t-il finalement lui-même.