Près de 2 000 jeunes réfugiés tibétains en Inde pourront recevoir de la nourriture et du matériel scolaire grâce aux fonds amassés lors de la tournée canadienne des moines de Ganden Jangtsé. À la fin de leur formation, vers l’âge de 20 ans, ces réfugiés choisiront de devenir moine ou non. Sur la photo, le Lama Samten. (Photo Véronique Demers)
2 000 réfugiés tibétains ont besoin d'aide
Un moine d'ici veut redonner à sa communauté
La rentrée scolaire diffère d’un pays à l’autre. En Inde, 2 000 jeunes réfugiés tibétains de l’Université monastique Ganden Jangtsé ont besoin de dons pour être nourris et dotés de matériel, en plus des soins de santé.
Installé à Québec depuis plus de 10 ans, Lama Samten a invité un groupe de moines de ce monastère la semaine dernière pour soutenir cet établissement monastique, dont il est lui-même issu. Le groupe composé de Lobsang, Tashi, Ludrou et Tamdri se rendra aussi à Montréal, Toronto et Vancouver, avant de retourner en Inde.
«Il y a un lien de redevance. J’ai été hébergé et nourri à ce monastère. Je veux retourner la bonté», commente celui qui a découvert le Québec dans une tournée semblable.
Pendant ces quelques jours d’activités au sous-sol de l’église Saint-Dominique sur Grande Allée, les moines ont notamment aménagé une salle en musée d’objets et construit un mandala, soit un tableau éphémère d’un monastère réalisé avec des grains de sable de couleur.
Éducation jusqu’à l’âge de 20 ans
S’il n’y a pas d’objectif précis lié à cette tournée, le mot d’ordre est de rendre service. Hélène Gilbert, secrétaire du conseil d’administration du Centre Paramita fondé par Lama Samten, rappelle les perturbations survenues dans les années 1960.
«À cette époque, près de 6 000 monastères ont été détruits par le régime communiste chinois de Mao Tsé-Toung. Vingt ans plus tard, en 1980, une ouverture s’est créée grâce à la venue d’un nouveau dirigeant. Mais la plupart des monastères rénovés au Tibet sont plus à usage touristique que traditionnel», explique Mme Gilbert.
Les jeunes réfugiés tibétains deviendront-ils tous moines? «Chaque jour, les jeunes reçoivent 2 à 3 heures d’enseignement philosophique, en plus de cours en langue et en histoire. Il y a aussi sept heures prévues au débat philosophique», a précisé Lama Samten.
«Ces jeunes viennent en Inde à l’université monastique d’abord pour échapper à la situation politique. Ils reçoivent une éducation dans leur langue et leur culture, jusqu’à l’âge de 20 ans. Après, ils peuvent choisir d’être moine ou non», a ajouté Mme Gilbert.