La céramiste Louise Claveau profite pleinement de sa retraite pour faire ressurgir toute la noblesse de la terre en des créations épurées. (Photo Véronique Demers)
La terre se souvient
La céramiste Louise Claveau revient à ses premières amours
Louise Claveau n’est ni de la relève et ne se considère pas dans la classe des professionnels. Cette autodidacte en céramique est revenue à ses premières amours 30 ans plus tard. Exposante à Carac’Terre, la céramiste effectue un retour en arrière pour raconter son parcours à Québec Hebdo.
«À 18 ans, j’ai eu un coup de foudre pour la céramique. J’ai commencé la céramique comme loisir, et ça a duré 8 ans», rappelle-t-elle. Après l’obtention de son diplôme et avoir enseigné pendant 35 ans en milieu défavorisé dans l’éducation aux adultes, Mme Claveau a passé depuis plus de trois ans le flambeau à des collègues plus jeunes.
«Les dernières années en enseignement ont été difficiles», reconnaît-elle. C’est au moment de sa préretraite que le déclic se produit à nouveau. «Avec un jour de libre dans la semaine, j’ai mis l’accent sur la céramique avec un cours aux métiers d’art. En mettant les mains dans la terre, ça a fait: Voum! La piqûre a aussitôt repris», commente la résidente du quartier Montcalm.
Même si elle tient à garder l’art de la céramique comme loisir, Mme Claveau s’assure que son travail suive certaines règles. «La terre est un matériau qui permet tout, mais c’est aussi un matériau qui se souvient. Même après avoir effectué des modifications, la pièce peut reprendre sa forme d’origine. Il faut avoir un savoir-faire technique», exprime-t-elle.
Un frère mécène
Louise Claveau privilégie la terre blanche et la terre noire. «C’est urbain et contemporain. J’aime créer des pièces simples et épurées», avoue-t-elle. La céramiste se concentre sur la pureté de la forme et met peu l’accent sur les dessins et autres décorations.
«Le dessin est une carence pour moi. Mais cette absence de dessin est devenue mon style. Je suis spontanée, je lance quelques traits, une couleur», cite la céramiste.
La retraitée de La Cité a le bonheur d’avoir pour mécène son frère. Mme Claveau a eu le privilège d’avoir un atelier pour pratiquer son art. «Ça a été mon cadeau de retraite de mon frère et ma belle-sœur, un atelier en ville. Je n'ai pu renouveler le bail; on est en train de construire des condos à cet endroit. Mais depuis cet été, mon frère m'a aménagé un atelier à la campagne et m’a offert un four. C'est vraiment une chance. Je tripe!», lance Mme Claveau.
Bien que la céramiste ait eu quelques commandes corporatives, celle-ci garde les pieds sur terre et souhaite garder sa production à petite échelle afin de considérer son art comme loisir. Rappelons que la 11e édition de Carac’Terre, présentée sous un chapiteau blanc sur Charest à l’angle de la Couronne se termine ce dimanche.