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Stérile chicane de festivals Québec-Montréal

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 15 août 2009 à 5:30
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Stérile chicane de festivals Québec-Montréal
Il y a place pour davantage de coopération entre les festivals artistiques du Québec. Ce ne sont certainement pas les FrancoFolies de Montréal qui vont empêcher le Festival d'été de Québec d'attirer des vedettes rock anglophones, comme ce fut le cas pour Kiss cet été. (Photo Luc Fournier)
Stérile chicane de festivals Québec-Montréal
La récente saga entourant la chicane des festivals n'apporte pas grand-chose de constructif au débat ni aux relations cordiales que doivent entretenir la capitale et la métropole du Québec. La sortie intempestive du maire de Québec, suivie de la réplique énergique du maire de Montréal, laissent un goût plutôt amer, alors que les tiraillements entre les deux villes des extrémités de l'autoroute 40 avaient fait place dernièrement à davantage de collaboration. Il n'est pas nécessaire d'être un fin analyste de la sphère municipale, pour y déceler un certain calcul politique de part et d'autre à l'approche des élections locales de novembre prochain.

Reste que cette récupération partisane ne résout en rien le dilemme de la cohabitation des grands festivals artistiques, qui alimentent et animent la saison touristique des villes. Loin de se concurrencer, il faut espérer développer un meilleur partenariat entre les joueurs. L'objectif ultime étant d'éviter les chevauchements. À cet égard, va pour la sauvegarde du succès du Festival d'été de Québec, mais on voit mal comment cet événement qui se tient en juillet serait pénalisé par le devancement des FrancoFolies de Montréal du mois d'août vers le mois de juin. Il y a certainement d'autres festivals régionaux tenus en juin, comme Présence autochtone de Montréal et le Festival de la chanson de Tadoussac, qui risquent davantage d'écoper.

Possible que la présentation des FrancoFolies avant celle du Festival d'été pourrait amener certains grands noms de la musique française à privilégier une plus grande visibilité du côté de la métropole au lieu d'opter pour un passage dans la capitale. Toutefois, peu importe l'ordre des événements, cette réalité demeure entière. Ce qui fait émerger deux constats pourtant implacables. D'une part, si la direction des deux rendez-vous artistiques souhaite obtenir des prestations exclusives, il y a suffisamment en quantité et en variété pour ne pas se marcher sur les pieds. D'autre part, si les Franco sont confinées à un créneau précis, le Festival d'été a les coudées franches et peut attirer des vedettes de tous les horizons musicaux, comme les Kiss, Sting et autres Domingo de l'édition 2009. Quant aux groupes québécois émergents aussi bien qu'établis, ils trouveront bien le moyen d'aménager deux dates à leur agenda, eux qui occupent déjà leur été à sillonner le Québec, de festival en festival, pour vendre leur plus récent CD.

Avec deux événements matures et deux villes ayant des particularités distinctes à offrir aux visiteurs, l'heure semble davantage à la discussion et à la collaboration qu'à la confrontation puérile et vaine. Si Spectra a agi unilatéralement en annonçant le changement de dates pour ses FrancoFolies, Québec n'a pas montré davantage de délicatesse en lançant son Grand Rire au moment qui lui semblait le plus opportun. Le maire Régis Labeaume, lui-même ancien président du Festival d'été - ce qui explique sans doute son excès de chauvinisme dans ce dossier - n'a pas non plus demandé de permission à quiconque lorsque s'est présentée l'opportunité d'ajouter aux attraits de la capitale le Moulin à images (ExMachina) et les Chemins invisibles (Cirque du Soleil) pour les cinq prochaines années.

Cette querelle Québec-Montréal devrait servir de tremplin à une nouvelle façon de faire. Les gouvernements fédéral et provincial, qui subventionnent largement chaque festival, pourraient même en profiter pour asseoir les acteurs à une table afin de favoriser une réelle concertation. Ce mot emprunté à la langue de bois et trop souvent vide de sens prendrait ici toute son acuité. De fait, le temps est venu pour les différents festivals de collaborer, dans l’intérêt de tous, aussi bien pour maximiser la rentabilité des installations que pour séduire des artistes étrangers. Après tout, la concurrence n'est pas interrégionale, mais bien pancanadienne et internationale.

Et puis, ce n'est pas tout le monde qui est intéressé à se rendre à l'autre bout de l'autoroute 40 pour voir un spectacle qui se termine tard en soirée. Surtout en semaine, lorsqu'on n'a pas tout l'été comme période de vacances…

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