Émile Loranger
Dernière heure: La démission des premiers répondants de L'Ancienne-Lorette refusée
Le conseil d’administration des premiers répondants de L’Ancienne-Lorette refuse la démission en bloc «de la plupart» de ses 25 membres bénévoles. Ces derniers acceptent de laisser la direction gérer le conflit opposant leur organisation à la Ville. Après une brève interruption, le service vient tout juste de reprendre (16 h)
Un des membres, Gary Lévesque, a reçu un constat d’infraction de 718$ pour avoir roulé à 85 km/h dans une zone de 30 km/h en juin 2008. Le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger considère ce billet mérité.
Le principal intéressé se rendait sur les lieux d’un incendie avec son véhicule, identifié aux couleurs des premiers répondants, mais non reconnu comme véhicule d’urgence au sens légal. En plus de la facture à payer, M. Lévesque s’est vu attribuer 10 points d’inaptitude. Ce dernier conteste et attend d’être entendu.
«Je pense que c’est au maire à demander une rencontre, commente le directeur du service et des opérations, Mathieu Caron. Tant qu’il ne nous reviendra pas, ça signifie qu’il n’y a pas de résolution en vue. Ces propos, nous traiter de G.I. Joe et d’astronautes équipés pour aller sur la lune, ne sont pas acceptés par notre organisation. C’est irrespectueux de parler ainsi. On lui demande de faire des excuses et on verra par la suite. La balle est dans le camp du maire.»
Le directeur tient mordicus à offrir l’assistance médicale la plus rapide aux Lorettains dans le besoin, d’où la nécessité d’avoir un véhicule d’urgence à portée de main. Les premiers répondants ont effectué 507 interventions en 10 mois en 2008.
«On ne souhaite pas faire nos G.I. Joe. Je jouais aux G.I. Joe quand j’avais 5 ans. Là j’en ai 25. Nous sommes des personnes responsables. J’ai suivi mon cours pour conduire un véhicule d’urgence.»
«Si nous avions un véhicule d’urgence, nous n’en serions pas là avec la police de Québec, la cour municipale, la Ville de L’Ancienne-Lorette et toute la population. M. Loranger ne comprend pas ça. Lui prétend que nous sommes très bien servis par les ambulanciers. C’est bien vrai, mais ce sera toujours trop long. À L’Ancienne-Lorette, on peut avoir quelqu’un qui frappe à la porte après deux minutes.»
«Du bénévolat, pas une job»
«Le service en soi, l’idée est bonne, reconnaît d’entrée de jeu Émile Loranger. À Neuville, ça fonctionne parfaitement. Ils n’ont pas un habit de G.I. Joe, ils roulent avec leur propre véhicule et ils respectent les limites de vitesse.»
La Ville accorde une somme annuelle de 6000$ aux premiers répondants. «Le problème, ce n’est pas le prix puisque ça coûte trois fois rien. Mais je reçois des plaintes de la police parce que lorsqu’ils arrivent sur les lieux, les premiers répondants ne veulent pas se tasser…Ils veulent aider, mais il ne faut pas nuire non plus.»
«C’est du bénévolat, ce n’est pas une job, rappelle M. Loranger. C’est exactement ça le problème.»
Questionné à savoir s’il se disait satisfait de la desserte ambulancière, le maire refuse de se plaindre. L’Ancienne-Lorette reçoit le même service que les autres secteurs de la capitale, mentionne-t-il. Selon lui, rien ne peut cependant battre l’époque à laquelle existait un système local.
«C’est moins bon par rapport à ce que nous avions avant, mais c’est partout pareil ailleurs. Nous ne sommes pas pires qu’ailleurs.»
«Les premiers répondants, c’est un service à la population, pas un service de la Ville de L’Ancienne-Lorette, insiste-t-il. On paie déjà 4 M$ par année pour la sécurité.»
Le maire entend regarder le dossier avec calme la semaine prochaine.
Flou continuel
Le «flou continuel» dans l’administration lorettaine se retrouve encore une fois au cœur du problème, croit le chef de Démocratie L’Ancienne-Lorette, Daniel Dupuis.
«Les premiers répondants, c’est une organisation bien implantée. Très performante. Les gens sont extrêmement dévoués à leur cause. Ils font un excellent travail. Le problème, c’est la concertation avec la Ville. Les premiers répondants ont fait un peu cavaliers seuls au lieu de faire équipe avec la Ville de L’Ancienne-Lorette. C’est là que le bât blesse. Il n’y pas une belle collaboration entre les deux. Et ce sont les bénévoles qui paient pour.»
Le conseiller aimerait voir la Ville être plus claire, à savoir si elle appuie ou non les premiers répondants. «Si quelque chose ne va vraiment pas, la Ville devrait plutôt écrire aux premiers répondants, leur dire qu’elle ne veut pas les appuyer et s’en dissocier, mais on leur donne de l’argent chaque année alors on les appuie.»