Les magnats gagneraient à consulter un psychiatre
Parfois, je me demande pourquoi des personnes qui ont fait fortune dans le monde des affaires, qui dirigent des entreprises multinationales, et qui sont souvent intransigeantes dans leurs négociations commerciales peuvent adopter une approche tellement différente lorsqu’elles prennent des décisions dans le domaine du sport.
Combien de fois avez-vous entendu les dirigeants du baseball majeur se plaindre de la gourmandise des athlètes professionnels et des exigences exorbitantes des agents des joueurs? Trop souvent me direz-vous. Et vous avez raison.
Mais, il est difficile de sympathiser avec les magnats en raison de leur illogisme flagrant. Pensez-y bien.
Croyez-vous qu’un homme d’affaires en possession de toutes ses facultés accepterait de verser des millions à un adolescent de 5e secondaire sur la recommandation d’un expert qui l’aurait convaincu que l’ado allait devenir un crack dans son entreprise? Je suis persuadé que vous en doutez grandement. Tout comme moi. Pourtant, les proprios du baseball majeur acceptent de verser des millions et des millions à des jeunes de 18 à 21 ans sur la recommandation de pseudo-experts qui prédisent que ces jeunes vont devenir des champions dans trois ou cinq ans.
Ce qui est encore pire, comme on l’a appris récemment, c’est que ces mêmes hommes d’affaires avertis seraient prêts à investir une fortune (entre 30 et 50 M$) sur le bras d’un jeune homme de 21 ans qui a profité d’une visite aux Pays-Bas pour fausser compagnie à l’équipe nationale de Cuba.
Et que dire des Cardinals de St-Louis qui ont jugé bon d’offrir un montant de 3 M$ à un jeune voltigeur dominicain de 16 ans (oui, de 16 ans seulement) pour qu’il appose sa signature au bas d’un contrat professionnel? Tandis que les Mets de New York ont consenti un montant de plus de 1 M$ à un autre jeune de 16 ans, lanceur celui-là.
On ne peut sûrement pas blâmer les agents des joueurs des majeures de déposer des demandes démesurées sur la table des négociations quand ils réalisent que les dirigeants sont prêts à investir d’aussi fortes sommes sur des jeunes qui n’ont encore rien prouvé.
Ne croyez-vous pas que certains dirigeants, sinon tous, n’y gagneraient pas à s’allonger sur le divan d’un psychiatre pour découvrir pourquoi leur comportement décisionnel est si différent dans le monde du sport que dans le monde des affaires? Cela ressemble étrangement à un dédoublement de personnalité, comme celui du Dr Jekyll et de Mr Hyde…