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Sabrina Ferland : femme d’affaires le jour, soprano le soir

Thaïs Martel par Thaïs Martel
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Article mis en ligne le 23 juillet 2009 à 14:48
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Sabrina Ferland : femme d’affaires le jour, soprano le soir
Sabrina Ferland Gagne sa vie en chantant sans recevoir de subventions, une situation plutôt rare à Québec.
Sabrina Ferland : femme d’affaires le jour, soprano le soir
Elle est la muse de la tribu des Brumes du spectacle Les chemins invisibles du Cirque du Soleil, la directrice musicale et artistique de la production Ecce Mundo présentée au Saguenay et elle revient à peine de Chicago où elle s’est produite avec Bernard Lachance, le fameux ténor qui a piqué la curiosité d’Oprah Winfrey. Une soprano qui va de l’opéra à la comédie musicale doublée d’une redoutable femme d’affaires à la tête de Bellita, sa propre compagnie. Mais avant tout, Sabrina Ferland est une artiste qui a choisi Québec à ses débuts il y a dix ans et qui ne l’a jamais regretté depuis. Portrait d’une jeune femme qui a décidé d’être l’artisane de son propre succès.
Il y a quelques années, un artiste bien connu a dit à Sabrina Ferland que les musiciens et les chanteurs qui restaient à Québec avaient la réputation de ne pas avoir de succès, de ne pas avoir réussi leur carrière. Une claque en plein visage ne lui aurait pas fait plus d’effet! «Je fais carrière professionnellement à Québec depuis dix ans et je pense que j’ai réussi. J’aime mieux Québec pour sa qualité de vie, ses restos, ses habitants. C’est central, je peux être à Montréal ou au Saguenay en deux heures ou au Casino de Charlevoix en une heure trente», s’insurge Sabrina.

Pourtant, quand la jeune femme à quitté son Saguenay natal pour poursuivre ses études en interprétation à l’Université Laval, elle en est rapidement venue à se demander comment elle allait bien pouvoir gagner sa vie. «Je connaissais une fille qui chantait professionnellement de temps en temps. Elle habitait avec son chum et ce n’était visiblement pas elle qui payait toutes les factures. J’en connaissais une autre qui courrait les auditions en Europe. Ses parents, à l’aise financièrement, lui donnaient un gros coup de main. Même si je suis une fille qui a toujours travaillé en étudiant, qui provoque les choses et qui sait saisir les opportunités, je me demandais comment j’allais pouvoir me démarquer pour vivre de mon art», se souvient la chanteuse.
Carrières parallèles
Fonceuse et dotée d’une forte prédisposition pour l’entrepreneuriat, Sabrina se fait offrir le rôle de Gretel dans la pièce Hänsel und Gretel de Humperdinck à la fin de ses études et elle se tourne ensuite vers le marché corporatif. C’est cet aspect de son métier, qu’elle poursuit tout en tenant différents rôles dans des pièces classiques ou des comédies musicales, qui lui permet de se faire des contacts et de créer Bellita. L’entreprise de design de spectacles concocte des soirées sur mesure et procure du travail à des artistes comme à du personnel technique. «Ce qui me rend le plus fière de Bellita, c’est que j’ai l’impression de faire bouger le marché de Québec. C’est très valorisant», indique la femme d’affaires.
Pour ses dix ans de carrière, Sabrina Ferland a reçu ce qu’elle considère comme un vrai cadeau : faire partie d’un spectacle du Cirque du Soleil. C’est aussi pour elle l’occasion de réaliser un rêve, celui de voler et de chanter du haut des airs. «Tous les soirs, j’ai le bonheur de voir le public d’en haut!», s’émerveille Sabrina qui chante pour la première fois en portugais et en langue huronne pendant le spectacle. Elle a d’ailleurs craqué pour cette dernière langue, presque morte et pourtant si douce, qu’elle espère contribuer à faire revivre.
Projets
Sabrina et son alter ego Bellita ont le même projet : un album. Pour Bellita, un album réunissant les treize pièces qui ont le plus marqué les soirées que Sabrina et son équipe organisent, est déjà en branle. On y retrouvera entre autres des morceaux comme le Vaisseau d’or d’Émile Nelligan ou encore Gens de mon pays de Gilles Vigneault. Pour Sabrina, ce sera plutôt un album qui lui ressemble vraiment, avec des textes originaux. Elle aimerait le lancer d’ici deux ans. Et ensuite? «Après, je ne sais pas ce qui m’attend, mais je me demande toujours qu’est-ce que je pourrais faire pour que demain, je sois encore plus heureuse qu’aujourd’hui.»

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