Mikaël Zewski
Photo, Paul Henry Serres
Mikaël Zewski, un passionné du ring
(Sportcom, Mathieu Laberge) – La semaine dernière, Mikaël Zewski a mérité la médaille d’argent chez les moins de 69 kg au tournoi de boxe Batalla De Carabobo, à Valencia, au Venezuela. Malgré un adversaire redoutable, le Cubain et ancien champion mondial Carlos Banteurs, l’athlète originaire de Trois-Rivières a réussi à remporter le premier assaut.
La réputation des pugilistes cubains n’est plus à faire. Qu'à cela ne tienne, le jeune Québécois n’allait certainement pas monter dans le ring intimidé. En fait, la recrue au sein de l’équipe canadienne voulait en découdre avec le vice-champion olympique en titre dès son arrivée à Valencia.
« Je voulais l’affronter et ça m’a motivé tout au long du tournoi. Oui, les Cubains sont forts, mais à un moment donné, il faut se mesurer aux meilleurs et là j’ai prouvé que je fais partie de l’élite mondiale. J’adore avoir des challenges », explique Zewski en entrevue, quelques heures après son retour d’Amérique du Sud.
« Je ne suis pas complètement surpris de mon résultat. Je savais que j’avais un potentiel, mais de mettre la main sur une médaille après un excellent combat en finale contre un Cubain, disons que je me suis impressionné moi-même, car je savais que la marche serait haute. »
Un mois et demi avant le tournoi, le Québécois avait battu un Allemand qui avait été défait par un médaillé de bronze aux derniers Jeux olympiques. Dès ce moment, Zewski savait qu’il avait gravi une marche de plus.
La boxe, une affaire de famille
Chez les Zewski, la boxe est avant tout une affaire de famille. Mikaël suit les traces de son père Jean, un ancien boxeur devenu aujourd’hui entraîneur. Si le père demeure toujours à Trois-Rivières, le fils a depuis peu déménagé ses pénates à Québec afin de compter sur un plus grand nombre de partenaires d’entraînement. Malgré la distance qui sépare les deux villes, le lien familial demeure fort, car le club Empire où s’entraîne Mikaël appartient à son père et François Duguay, ses deux entraîneurs.
Chose certaine, le jeune athlète ne regrette pas son arrivée dans la Vieille Capitale. « Ça me permet d’évoluer plus rapidement que lorsque je demeurais à Trois-Rivières, où je devais faire beaucoup plus de déplacements pour mon entraînement », explique celui qui peut notamment compter sur Pierre-Olivier Côté et David Witthom à titre de partenaires d’entraînement.
« Mon père prend bien soin de moi et il mange de la boxe autant que moi. Il demeure encore à Trois-Rivières et il fait le voyage à Québec au moins trois fois par semaine. S’il doit venir me voir, ne serait-ce que pour quelques heures seulement, il fait quand même le déplacement. »
Passionné de sport, Mikaël Zewski affirme avoir un penchant naturel pour les sports individuels. « Même quand je jouais au hockey ou au soccer, j’aimais mieux être le gardien de but. Ce que j’aime de la boxe, c’est que tout repose sur mes épaules, que ce soit dans la victoire ou la défaite. Tu es entièrement responsable. La boxe amateur est un sport qui est très mental. C’est comme une partie d’échecs où tu dois préparer plusieurs tactiques. Et il y a aussi l’aspect physique. Tu ne peux pas monter dans un ring sans être prêt, car sinon tu vas le payer très cher. »
Un objectif ambitieux
Les temps sont durs en boxe amateur au Canada. Aux Jeux olympiques de Pékin, Adam Trupish était le seul Canadien en lice, alors qu’en 2004, cinq boxeurs canadiens, dont les Québécois Jean Pascal et Benoit Gaudet, étaient présents à Athènes. Qui plus est, Trupish ne fait plus partie de l’équipe nationale, après avoir été détrôné… par Zewski.
L’athlète de 20 ans est bien conscient que son sport a déjà connu des jours meilleurs, mais cela ne l’empêchera pas de travailler pour atteindre son objectif.
« L’équipe est très jeune et bourrée de potentiel, mais la barre est haute pour 2012 et on peut difficilement aller plus bas. Chaque pays connaît ses moments difficiles et c’est présentement notre tour. Nous devons rebâtir. C’était un de mes rêves de faire partie de l’équipe nationale et maintenant que c’est fait, je veux que cela me mène aux Jeux olympiques de 2012. »
« Après 2012, l’étape suivante sera de passer chez les professionnels. Vivre de mon sport, qui est-ce que j’aime le plus au monde, c’est ce que je voudrais », explique Zewski, qui puise son inspiration chez les pugilistes québécois qui sont allés aux Jeux olympiques, mais aussi dans la vie de tous les jours.
Si, pour une raison ou une autre, il doit accrocher ses gants, Mikaël Zewski sait déjà ce qu’il fera : il deviendra maître-chien.
« Les chiens, c’est ma deuxième passion », indique le maître d’Oscar qui, vous l’aurez deviné, est de race boxer. « Je l’ai appelé comme ça en l’honneur d’Oscar de la Hoya!
Photo, Paul Henry Serres