Les vieux contenants de peinture s’accumulent dans les écocentres et quincailleries avant d’être envoyés à Victoriaville, où une nouvelle vie les attend. (Photo Luc Fournier)
Le long chemin d’un vieux pot de peinture
Aux lendemains des déménagements du 1e juillet, plusieurs ménages de Québec voudront rafraîchir les murs de leur nouveau logis. Et de la peinture, vaut mieux en avoir un peu plus que pas assez. Des restants encombreront les sous-sols, jusqu’au prochain grand ménage, où ils prendront alors le chemin des quincailleries ou des écocentres. Mais qu’en fait-on, ensuite? Détails d’un voyage plutôt coloré.
Une fois les pots de vieille peinture acheminés dans les quincailleries (Rona, Canac-Marquis Grenier, Home Depot…) ou dans les écocentres, on attend le transport.
Un camion amènera les pots de peinture et d’autres produits – comme des huiles usées, des ampoules fluocompactes et des piles – chez Peintures récupérées du Québec, à Victoriaville. Ce sont les écocentres qui assurent le transport de ces matières toxiques. À Québec, il existe sept de ces écocentres.
Une fois rendu chez Peintures récupérées du Québec, on fait un tri visuel, indique le directeur Louis Coulombe. Ensuite, on les tri par produits; latex d’un côté, peinture à l’huile de l’autre.
Suivra la séparation par couleurs. En tout, c’est une vingtaine de couleurs de peintures qui sera rendue à nouveau disponible aux peintres.
De cette peinture, il restera tout de même 15% de déchets, qu’on devra brûler. Des compagnies spécialisées se chargent de ces étapes. Mais Louis Coulombe n’en est pas pour autant désillusionné, au contraire. «On réussit quand même à récupérer 85%», insiste-t-il. Et il apparait que dans un avenir rapproché, une partie de ces 15% pourra être récupérée. «On a trouvé une façon de recycler cette petite partie-là. Moi, je suis un "valorisateur"… notre objectif c’est d’avoir zéro déchet», explique M. Coulombe. Ce dernier n’a pas voulu dévoiler quelle matière on pourrait en sortir, mais selon lui, il y a un marché pour ça. C’est en août que les résultats des études verront le jour.
Une fois la peinture bien filtrée, elle est remise dans des pots neufs et revendue sous le nom de Boomerang. Cette peinture récupérée coûte environ 13$ le gallon, comparativement à 30$ pour un gallon de peinture neuf. Cette peinture est vendue à la grandeur du Canada et même à l’étranger, comme à Cuba, Haïti et en Afrique.
Québec parmi les meilleures
La ville de Québec performe bien en matière de récupération, indique Louis Coulombe. Du 1e juillet 2008 au 30 juin 2009, c’est 429 000 kg de peinture qui ont pris le chemin de Victoriaville, soit un peu plus de 0,8 kg par citoyen. C’est un des meilleurs taux du Québec, souligne-t-il. «C’est en haut de la moyenne.» Plus sensibilisés ou plus dépensiers? Les chiffres ne le disent toutefois pas.
Chez Peintures recyclées du Québec, 60% des matières recyclées sont de la peinture. Les huiles usagées y sont aussi recyclées. Quant aux piles qu’on amasse, on les envoie en France, où on peut les recycler à 80%. Les ampoules fluocompactes sont plutôt envoyées en Ontario. On récupère près de 98% de ces ampoules.