Le projet d'aménagement du siège social de la Fédération québécoise de la faune suscite la controverse à Saint-Augustin. (Photo Nicolas Bégin)
Un projet de siège social suscite du mécontentement à Saint-Augustin
Une poignée de citoyens de la rue du Brome déplorent l’éventuel aménagement du siège social de la Fédération québécoise de la faune derrière chez eux, à Saint-Augustin. Inquiets de voir arriver un stationnement dans leur cour arrière, ils reprochent à la Ville d’avoir manqué à son devoir d’informer la population. Le maire Marcel Corriveau réfute toutefois cette allégation.
Le terrain choisi se situe en parallèle à la rue en question. Il servait en quelque de sorte de zone tampon entre la ville et le secteur agricole, mais se trouvait dans la mire pour le développement.
Intéressé à en faire l’acquisition, la Fédération québécoise de la faune a demandé un changement de zonage dans une perspective de conformité.
Quatre propriétaires se disent cependant brimés. Les mécontents accusent la Ville d’avoir failli dans sa tâche d’informer la population, en dépit de la publication d’avis publics et de la tenue de consultations. Une quarantaine de personnes ont d’ailleurs assisté à l’adoption finale du règlement, mentionne le directeur général Me Jean-Pierre Roy.
Les contestataires craignent d’avoir une vue plongeante sur un stationnement après la coupe des arbres. Leur qualité de vie diminuerait, à l’instar de la valeur de leur maison, avancent-ils.
«On a un organisme qui est censé protéger la nature, mais qui va défigurer un boisé pour mettre un stationnement de 40 places sur la ligne des citoyens», indique Luc Bienvenue.
«Développer un quartier résidentiel à cet endroit, il faut être honnête, c’est pratiquement impossible.»
«Notre qualité de vie, on y tient comme tout le monde.»
Quelques citoyens ont même questionné leur conseiller, Denis Lapointe, à savoir pourquoi il ne les avait pas appelés pour les informer de la situation. «Si on prend le téléphone pour quatre propriétaires, il faudra aussi le faire pour un projet qui en touche 2000», rétorque-t-il dans un souci d’équité.
Le promoteur et directeur général de la Fédération québécoise de la faune se défend de vouloir mettre au monde un projet nuisible aux citoyens concernés.
Le bâtiment en bois sur deux étages occupera 1300 mètres carrés d’un terrain à la superficie totale de 45 000 mètres carrés, indique Alain Cossette. On y retrouvera deux salles de cours, un entrepôt et une salle d’exposition. S’y tiendront des formations, mais les armes feu auront été désactivées. Notons également l’absence d’une salle de tir.
«Nous n’avons pas l’intention de démolir, mais plutôt d’améliorer la qualité du site, mentionne-t-il au sujet de l’initiative évaluée à plus de 1,5 M$. Nous garderons une bordure végétale entre les résidences et le stationnement.»
Les lumières éclaireront le stationnement uniquement lors de la tenue d’activités, question d’éviter de gaspiller de l’énergie. Une quinzaine d’employés y travailleront.
À plus long terme, M. Cossette aimerait rendre le boisé disponible aux citoyens. Il souhaite aménager des sentiers et rehausser la qualité du marécage.
«Nous existons depuis 1946, nous sommes là pour continuer à être présents.»
Si tout fonctionne comme prévu, la transaction devrait être notariée à la mi-août. Le directeur général entend ensuite rencontrer les Augustinois concernés pour leur expliquer toutes les ficelles du projet.
«Il faut comprendre que ce terrain était voué à se développer en résidentiel ou autrement, rappelle le maire. Nous comme Ville, on pense que c’est le moins pire des scénarios qui puisse arriver.»
Le directeur du Service de l’urbanisme partage la pensée de l’élu. Un développement résidentiel sur le terrain en question, bien que plus complexe, aurait entraîné la coupe d’un nombre beaucoup plus important d’arbres, croit Pierre Boulanger.