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Un bijou… tiré par les cheveux?

Luc Fournier par Luc Fournier
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Article mis en ligne le 2 juillet 2009 à 12:25
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Un bijou… tiré par les cheveux?
Éric Brideau, président de Diamants Augenstern Canada, avec le diamant créé à partir des cheveux de la Miss Russie 2005, Victoria Lopyreva. (Photo courtoisie)
Un bijou… tiré par les cheveux?
On les coupe, on les balaye. On les rase, ou on envie celui qui en a encore. Bruns, noirs, blonds ou roux, on en prend tous bien soin, de nos cheveux. Mais il est possible de faire plus; d’en faire un diamant.
L’idée étonne au premier égard, et peut-être même au deuxième : une compagnie suisse, qui a pied-à-terre à Québec depuis un mois, confectionne des diamants à partir du carbone de cheveux humains. Pour preuve, Victoria Lopyreva, Miss Russie 2005, a le sien. Un diamant actuellement en visite à Québec. Ce bijou de 0,45 carat a une valeur estimée à 8 600$.

Le concept vise la fabrication de diamants uniques, qu’on peut personnaliser à sa guise. Un diamant familial, composé de cheveux d’enfants et petits-enfants? Un bijou contenant une partie de soi pour offrir à l’être cher? Ou simplement, immortaliser le dernier vestige d’une calvitie qui gagne du terrain?

Quoi qu’il en soit, ces diamants disponibles en quatre couleurs (rouge, jaune, bleu, vert), qui peuvent être de 0.2 à 1 carat, sont offerts dans une variété de coupes, à l’instar des cheveux qu’ils contiennent. Et ce diamant conçu par Augenstern possède sensiblement les mêmes caractéristiques sur le plan optique, chimique et physique qu’un diamant naturel extrait d’une mine. La différence, c’est qu’il est conçu en laboratoire en quelques semaines, au lieu des millions d’années que requiert la formation d’un diamant naturel. Les deux sont du carbone pur cristallisé.

Mais ne réside-t-elle pas dans cette inhumaine attente, la valeur du diamant? Pas selon Éric Brideau, président de Diamants Augenstern Canada. «C’est très dispendieux de fabriquer un diamant. Et celui-ci a une valeur ajoutée», précise-t-il. Il donne l’exemple d’une pierre qu’on pourrait fabriquer à l’aide des cheveux de deux partenaires en vue de leur mariage. Les deux carbones fusionnés en une seule et même pièce… de quoi susciter l’intérêt des consommateurs les plus extravagants, ou des maris qui en ont gros à se faire pardonner.

Il suffit de 10 grammes de cheveux, soit une main pleine, qu’on mettra sous haute pression et haute température – 1300 °C – pendant des semaines. Douze, pour un diamant d’un carat. La pierre qui en sortira aura une valeur d’environ 25 000$, selon la couleur qu’on désire.

Bien qu’il soit en pourparlers avec un réseau de bijoutiers pour la distribution, Éric Brideau se penche sur d’autres méthodes de vente. Une pierre conçue à partir de cheveux d’une vedette et qu’on mettrait en vente aux enchères dans une soirée mondaine; le président y voit là un fort potentiel. Un concept qui se voit déjà en Europe, où l’on a «immortalisé» la tignasse du maître de la Ferrari, Michael Schumacher.

Selon M. Brideau, une équipe sportive canadienne d’envergure pourrait bientôt en commander pour ses joueurs. Pour savoir laquelle, il faudra surveiller leur tête pour voir s’il n’y manque pas une couette ou deux…

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