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Démocratie municipale fragilisée à Québec

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 26 juin 2009 à 6:30
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Démocratie municipale fragilisée à Québec
La campagne électorale n'est même pas encore commencée à la mairie de Québec que déjà, elle vient pratiquement de prendre fin et subitement de perdre tout intérêt. Le récent désistement du chef de l'opposition à l'hôtel de ville, conjugué à l'effritement sinon à la quasi-disparition des formations politiques ayant mené les destinées de la capitale au fil des dernières décennies, n'annonce rien de bien réjouissant pour la démocratie municipale.

On pourra toujours se consoler à l'idée que le chef du Défi vert, Yonnel Bonaventure, briguera les suffrages contre le maire sortant, Régis Labeaume, et forcera le débat sur des enjeux de développement durable. Reste que ce dernier jouit d'une telle popularité, qu'il aurait bien eu besoin d'être confronté à un politicien expérimenté afin de rendre compte de ses actions et dévoiler ses intentions pour les quatre prochaines années. Or, Alain Loubier était ce genre d'homme politique, capable d'idées, mais aussi d'amener son opposant à clarifier les siennes pour le bien de la collectivité.

Bon joueur, le maire Labeaume a qualifié la démission-surprise du chef de l'opposition de regrettable, voire déplorable. Évitant de pavoiser, il sait très bien néanmoins que l'abandon d'Alain Loubier lui ouvre la porte sur une victoire assurée et facile. On frôle l'acclamation, la dernière véritable remontant au maire Gilles Lamontagne à la fin des années 1960. Un scénario qu'on peut comprendre dans une contrée rurale ou à une autre époque, mais qui se justifie mal pour une capitale provinciale dynamique et populeuse comme Québec.

La qualité des débats risque fort d'en souffrir, car le chef démissionnaire maîtrisait ses dossiers sur le bout des doigts. Désormais, le maire sortant, malgré toutes ses qualités et sa bonne volonté, aura le champ libre. Or, non seulement le proverbe «à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire» pourrait laisser des séquelles, mais il faut craindre un certain engourdissement au sein de l'administration municipale. Depuis quelque temps, on sent que la fidélité des élus est friable, plusieurs reniant leurs convictions sinon leurs engagements initiaux pour sauter dans l'équipe du plus fort. Celle du maire Labeaume, sauveteur du règne éphémère de la mairesse Boucher, des Fêtes du 400e et de l'image de Québec.

Pourtant, une Ville a besoin d'une opposition constructive pour progresser dans le respect de ses budgets et des attentes de tous ses citoyens. Plus grave encore, il semble que la classe politique municipale amorce une importante transition, alors même qu'il n'y a pas de relève sur les rangs. Ainsi, nombre de vétérans de l'hôtel de ville ont confirmé leur retraite à la fin du présent mandat, pendant qu'on voit peu de nouveaux visages poindre à l'horizon. Ce qui n'aide en rien, les deux partis majoritaires, il y a à peine un an, sont en perdition.

L'Action civique de Québec, qui a connu son apogée à l'heure des récentes fusions municipales, se place sur la voie de garage et n'entend pas présenter d'équipe aux élections de novembre 2009. Pour sa part, le Renouveau municipal de Québec se trouve en crise depuis le départ de son chef Alain Loubier provoqué par une série de défections, dont la plus récente fut celle de la conseillère Carole Bégin-Giroux. Le prétexte évoqué par celle-ci, soit qu'elle n'avait pas l'intention d'appuyer un projet de tramway sans retombées pour son arrondissement de Beauport, en dit long sur la fragilité du sentiment d'appartenance de certains à la grande ville.

Souhaitons que du chaos actuel naisse une nouvelle forme de gouvernance municipale. Autrement, le bel élan que vient de prendre Québec pourrait être ralenti…

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