Patrice Dionne est passionné de vélo à un tel point depuis sa greffe qu’il a annoncé cette semaine sa participation aux Jeux canadiens des greffés qui se tiendront à Québec en 2010. Il espère aussi participer aux Mondiaux des greffés en Suède en 2011. (Photo Thaïs Martel)
Patrice Dionne : un miraculé qui a à cœur la cause des greffés
Condamné, Patrice Dionne, résident de Québec, attendait la mort. Puis, lueur d’espoir, on lui propose de jouer le cobaye pour une double transplantation cœur-foie, une opération qui n’avait jamais encore été pratiquée au Québec. Aujourd’hui, celui qui se considère comme un miraculé entend bien remercier ceux qui lui ont permis de vivre une seconde fois, à commencer par la Maison des greffés du Québec pour qui il amassera des fonds en participant à la 3e édition du Défi santé Maison des greffés-Financière Manuvie les 10 et 11 juillet prochain.
«Je sens que je dois remercier les familles des donateurs, que je dois à mon tour redonner pour tout ce que j’ai reçu. Le Défi santé Maison des greffés-Financière Manuvie permet à la fois de faire la promotion du don d’organes, de l’activité physique et de ramasser des fonds pour la Maison des greffés», explique M. Dionne.
Cauchemar génétique
L’histoire de Patrice Dionne, aujourd’hui âgé de 57 ans, se transforme en cauchemar alors qu’il en a à peine 33. Lors d’une bénigne opération au nez, il apprend qu’il souffre d’un problème cardiaque. Des examens plus poussés démontreront qu’il est en fait atteint d’une maladie congénitale dégénérative. «J’ai compris pourquoi je n’avais jamais pu exceller dans les sports, pourquoi je m’essoufflais si rapidement», se souvient M. Dionne.
Une première alarme se déclenche alors qu’il a 49 ans. Le stimulateur cardiaque qu’on lui installe alors n’empêchera pas sa santé de décliner et une seconde crise survient rapidement. L’année suivante, on lui annonce la terrible nouvelle : son cœur est fini! Il est placé sur une liste d’attente pour une transplantation cardiaque et il s’entraine sous la supervision des spécialistes du PPMC (Pavillon de prévention des maladies cardiaques). Alors qu’il attend un nouveau cœur depuis trois ans, il apprend que son foie est atteint à son tour, une conséquence de la faiblesse de son cœur qui n’arrive pas à bien irriguer les organes. «On m’a dit qu’il n’y avait rien à faire. Je me suis préparé à attendre la mort», relate M. Dionne.
Puis on lui annonce la possibilité de tenter une nouvelle opération dans un hôpital montréalais. Il doit par contre se tenir prêt à accourir à l’hôpital à tout moment. Impossible dans ces conditions de continuer à vivre à Québec. C’est un médecin qui lui parle de la Maison des greffés, un organisme sans but lucratif qui vient en aide aux greffés et aux personnes en attente de greffe en leur offrant l’hébergement et un support moral. Il y passera huit mois avant d’obtenir enfin une seconde chance de vivre, le 14 avril 2006. «J’ai ensuite récupéré en un temps record. J’ai marché plus de 10 km un mois et demi après mon opération. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que de toute ma vie, je ne m’étais jamais senti aussi bien» raconte Patrice Dionne.
Le Défi
La vocation du résident de Québec lui apparait clairement : parler des miracles que le don d’organes peut faire. Afin de permettre à la Maison des greffés du Québec de continuer à accueillir des malades en attente de greffe, Patrice Dionne espère recueillir 100 000 $ lors du Défi santé, un objectif ambitieux en cette année difficile. Une quinzaine de places sont encore disponibles pour quiconque est assez en forme pour parcourir 300 km en vélo en deux jours. «Si des gens comme nous, qui ont côtoyé la mort et qui sont descendus au plus bas au niveau de leur condition physique sont capables de le faire, n’importe qui le peut», lance M. Dionne.
Pour toute personne désireuse de contribuer ou pour faire partie des commanditaires, on peut visiter le site
www.maisondesgreffes.com ou contacter Micheline Cyr Asselin au 514 527-8661 ou Patrice Dionne au 418 931-3663. On peut aussi poser le simple geste de signer l’autocollant au dos de sa carte d’assurance maladie afin de consentir au don d’organe. «Ce don ultime redonne la vie à une personne malade, mais également à sa famille», termine M. Dionne.