Le directeur général Pierre Vachon et la thérapeute Catherine Diamond entourent la présidente du nouveau conseil d’administration, Marie-Hélène Savard. (Photo Nicolas Bégin)
Le Portail rouvre ses portes aux femmes toxicomanes
Fermée depuis le 15 avril, la résidence Le Portail rouvre ses portes aux femmes toxicomanes du Québec. Si les raisons de la fermeture appartiennent aux administrateurs démissionnaires nous dit-on, leurs successeurs veulent miser davantage sur l’autofinancement et la promotion. On attend une première résidente ce mercredi et une autre doit arriver le 30 juin à la maison située à Saint-Augustin.
Sept femmes composent le nouveau conseil d’administration depuis le 10 juin dernier, après une assemblée générale extraordinaire. Marie-Hélène Savard, Diane Aubé, Sylvie Mercure, Audrey Walker, Nathalie Fortin, Catherine Diamond et Marie Tardif tenteront de mener l’établissement sur la route du succès.
Les trois principaux bailleurs de fonds, en l’occurrence la Société d’habitation du Québec, la Caisse d’Économie Solidaire et l’Agence de la Santé et des Services sociaux, ont déjà accepté le plan de relance.
«Ce n’est certainement pas le nombre de femmes qui manque, mais on a un effort de promotion à faire pour mieux se faire connaître, explique le directeur général du Portail, Pierre Vachon. On a aussi un effort d’autofinancement à faire pour pouvoir supporter davantage de femmes qui n’ont pas les moyens.»
«Les membres de l’ancien conseil d’administration étaient à un stade de vie de retraite pour la plupart, ajoute la présidente du nouveau conseil, Marie-Hélène Savard. Ils avaient peut-être moins le réseau de contacts financiers pour aller chercher des sommes privées. Ça demeure cependant une hypothèse.»
Chose certaine, l’argent ne semblait pas au cœur du problème, en dépit d’un déficit d’environ 75 000$. La résidence Le Portail gère un budget annuel de 370 000$ à 385 000$, dont 65% provient de l’agence régionale.
Sans avoir les chiffres exacts de l’année en cours, le directeur général entrevoit des revenus supérieurs de 24% par rapport aux prévisions. Une thérapie intensive avec hébergement de 28 jours coûte 1820$.
«Nous recevons un financement adéquat de l’agence, pense M. Vachon. Nous avons par contre un plancher en dessous duquel on ne veut pas aller pour le prix minimum, mais ce n’est pas tout le monde qui paie 1820$. Nous sommes capables de faire des aménagements.»
En moyenne, 85 femmes en difficulté vivent une thérapie à la résidence du 1240 de Fossambault Nord chaque année. En général, sept des quinze lits sont occupés.
Confiant en la relance des activités, Pierre Vachon espère maintenant enregistrer une hausse de 5 à 10% de la clientèle. Après tout, on compte seulement deux établissements du genre au Québec, l’autre étant situé dans les Laurentides.
«Ce que je souhaite comme directeur général pour l’équipe clinique et la qualité de services, c’est entre 6 et 12 résidentes en moyenne pour un travail thérapeutique optimal.»
Des 11 employés en poste avant la fermeture, deux ont quitté le navire. La direction a embauché deux nouvelles personnes pour continuer d’offrir des services 365 jours par année, sept jours sur sept, 24 heures par jour.