André Duchesne, de Supervision André Duchesne, gestionnaire de l’Agora de Québec, croit que «les gens vont reprendre confiance dans l’Agora», à condition qu’ils viennent constater les améliorations qui y ont été apportées. (Photo Luc Fournier)
Une poignée de spectacles dans une Agora retapée à grands frais
Le Port de Québec a trop hésité sur la gestion de la salle
L’Agora de Québec, véritable fenêtre sur le fleuve, s’est mise toute belle pour le 400e de sa ville. Huit millions de dollars plus tard, elle brille, ainsi que les spectacles, qui brillent par leur absence.
Pour planifier des spectacles, il faut s’y prendre d’avance. Des mois à l’avance. Et celui qui gère les installations, André Duchesne, est bien conscient qu’il est un peu tard pour sauver la programmation 2009 de l’Agora. «On aurait dû faire ce qu’on fait maintenant l’automne dernier», a-t-il indiqué au Québec Hebdo.
Selon lui, le Port a hésité trop longtemps avant de confier la gestion de cette scène estivale. Dans cette situation, André Duchesne ne peut que se croiser les doigts pour que des promoteurs se tournent vers l’Agora pour y présenter des spectacles. Ce dernier, comme le pdg du Port de Québec, Ross Gaudreault, misent d’ailleurs sur le promoteur Michel Brazeau pour faire vivre cette salle. Toutefois, pour ce dernier, l’Agora «est une salle comme une autre», et ce n’est pas tous ses spectacles qui peuvent y être présentés, faisant référence à Metallica, qui se produira au Colisée le 31 octobre prochain. L’Agora ne compte que 6000 places incluant le parterre.
Des spectacles à rabais qui font mal
Mais les festivals, qui offrent des spectacles peu coûteux, font mal à la présentation de spectacles payants. «Quand tu pars sur une "balloune" de spectacles en deux semaines… quand tu vas voir 14 spectacles en ligne, c’est sûr que ça ne te tente pas nécessairement d’aller voir un show le lendemain», se résigne Michel Brazeau, du Groupe spectacles Gillett (GEG).
Même son de cloche pour Supervision André Duchesne, gestionnaire du site. «On est obligé d’attendre que le Festival d’été sorte sa programmation.» Ensuite, ils choisissent ceux qui restent parmi les groupes en tournée. Car ceux-ci coûtent au moins deux fois moins cher qu’un groupe qu’on ferait venir expressément pour un spectacle unique. Le gestionnaire constate d’ailleurs qu’il est possible de se tourner vers un créneau plus rock, dont le bassin de fans est fidèle… beau temps mauvais temps.
Parce que c’est la température qui a fait mal à l’Agora l’an dernier. Le type de spectacles qu’on voulait présenter était difficile à produire sous la pluie. André Duchesne se rappelle ces musiciens munis d’un piano de 80 000$ et de contrebasses de 50 000$. Sous la pluie battante, «c’est difficile de dire à l’artiste, "joue!"».
Ce n’est toutefois pas le même scénario pour des groupes comme Disturbed et Dream Theater, dont les instruments – et les fans – moins fragiles facilitent la présentation des spectacles même en cas de pluie.
Malgré tout, on ne semble pas contre le Festival d’été, bien au contraire. Le souhait d’André Duchesne et de Ross Gaudreault est que le festival s’intéresse à la salle et s’y installe. Le pdg du Port s’est d’ailleurs dit très ouvert aux propositions et semble optimiste pour l’avenir de l’Agora. «Ça ne se peut pas que ça ne marche pas l’Agora. Ça va fonctionner… on veut que ça fonctionne».