Les activités bouillonnent dans les studios de Frima, en plein coeur de Saint-Roch. - (Photo Luc Fournier)
Frima n’a pas froid aux yeux
La jeune entreprise à la croissance fulgurante récolte tous les prix
L’entreprise spécialisée dans la conception de jeux vidéos Frima vient de se tailler une place de choix parmi les PME les plus performantes du Canada. Selon le classement Profit 100 dévoilé lundi, Frima se classe 10e au Canada et première au Québec du point de vue de sa croissance, en pourcentage des revenus, au cours des cinq dernières années. Et les projets continuent de s’accumuler.
L’entreprise fondée en 2003 a littéralement explosée depuis sa fondation. De 40 à 50 employés en 2007, Frima compte, deux ans plus tard, plus de 230 mordus du jeu vidéo, en moyenne âgés de 28 ans. Le studio est maintenant le deuxième plus gros indépendant au Québec.
Et les prix fusent à une vitesse constante. Le studio bien implanté dans le secteur St-Roch a raflé le prix «PME de l’année 2008» et «Innovation technologique 2008» aux derniers Mercuriades. Au Fidéides 2007, Frima avait mis la main sur les distinctions «Jeune entreprise innovante» et «Vision stratégique». Il y a deux semaines, la boîte recevait l’Octas 2009 dans la catégorie Jeux et animation, devant Ubisoft et Beenox, pour son jeu Build-A-Bearville.
Jeu massivement multijoueur
C’est d’ailleurs ce type de jeu qui deviendra le créneau privilégié de l’entreprise : le jeu massivement multijoueurs. Le président de Frima, Steve Couture, envisage que ces créations représenteront bientôt 80% de leur production. Il s’agit d’un espace virtuel où se rejoignent les joueurs. Une atmosphère sociale où les autres joueurs proviennent des quatre coins du globe. Ce type de jeu a été popularisé entre autres par le logiciel à succès World of Warcraft, qui a attaché à leur chaise d’ordinateur plus de 12 millions d’adeptes à ce jour.
Pour Build-A-Bearville, créé à Québec, c’est 9 millions de joueurs qui sont inscrits. Et l’univers de ce jeu est en constante progression, un «work in progress», dira-t-on.
Le jeu est basé sur une chaine de magasins qui vend des ours en peluche que l’on crée soi-même. Ce «toutou» vient avec un code d’accès qui nous permet ensuite de faire évoluer notre création dans l’univers créé par Frima. Ainsi, les oursons canadiens et américains côtoient ceux fabriqués en Asie ou en Europe. La chaine de magasins n’est pas implantée à Québec.
Ce type de jeu nécessite toutefois un grand nombre d’usagers pour être intéressant. «Ça prend beaucoup de monde : 150 000 personnes qui passent une ou deux fois par semaine, ce n’est pas assez», souligne Steve Couture.
D’autres jeux basés sur un objet ont été lancés ou vont l’être prochainement, comme celui d’une petite voiture du genre «matchbox», laquelle on peut améliorer sur internet grâce à un code qui vient avec la voiture, à l’achat.
La propriété intellectuelle, payante, mais risquée
Ce sur quoi on mise beaucoup, dans les bureaux de Frima, c’est aussi les jeux conçus à Québec, de A à Z. Car la plupart des jeux programmés ici proviennent de concepts américains de chez Disney, Warner Bros et Nickelodeon. Le jeu Big Brain Wolf, lancé la semaine dernière, échappe à cette règle. L’histoire, les personnages et les énigmes ont tous été pensées à Québec. C’est là que les possibilités d’affaires résident. «L’objectif c’est de le décliner. En faire un film, des gilets, des bobettes, à la limite», indique tout sourire le président de Frima, conscient du succès qu’ont rapporté des personnages, qui sont devenus véritablement des marques de commerce, comme les Simpsons ou Garfield.
Ce type de jeu a toutefois un prix et comporte des risques. Car c’est Frima qui doit assumer la facture de production et la mise en marché du produit.
Les consoles, pas une priorité
Pour le président de Frima, le jeu de console, malgré sa popularité, demeure secondaire. «Ce n’est pas l’objectif à atteindre. Moi, je fais des affaires, pas des jeux de consoles», insiste-t-il. Bien que son dernier jeu soit distribué exclusivement pour le PC, en le téléchargeant, cela n’exclut toutefois pas qu’il puisse sortir sur des consoles, puisque l’entreprise a des licences pour concevoir des jeux pour l’ensemble des consoles actuellement en vogue (Wii, PS3, PSP, XBox 360).