Les associations de commerçants, dont l’ACDA, sont en tournée du Québec afin de faire pression sur le gouvernement pour qu’il abaisse les taxes de vente sur les produits du tabac. - (Photos Luc Fournier)
Cigarettes : des taxes trop élevées au goût des dépanneurs
Les dépanneurs en ont assez des taxes élevées sur les produits du tabac. Pour l’Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDQ), c’est un dépanneur par jour qui ferme ses portes au Québec. De plus, cette taxe élevée encourage la contrebande. De ce point de vue, la problématique est semblable à ce qu’on a connu dans le milieu des années 90, où les ventes de cigarettes de contrebande atteignaient des records.
«On est contre les taxes excessives. Pas contre les taxes, mais contre les taxes excessives», souligne le président de l’ACDA, Michel Gadbois. Pour les dépanneurs, la perte de profits qu’équivaut la migration de leur clientèle vers les groupes criminalisés équivaut à 2M$ par année au Québec. Selon M. Gadbois, ce n’est d’ailleurs pas seulement l’affaire des propriétaires de dépanneurs, c’est tout un problème social qui se cache derrière ces taxes élevées.
D’ailleurs, le nombre de jeunes fumeurs est en hausse, et M. Gadbois attribue cette hausse à la popularité grandissante de ces cigarettes de contrebande. «Le réseau des jeunes impliqués dans la contrebande est immense», avance-t-il, avant de comparer le prix d’un sac «ziploc» de 200 cigarettes à celui d’un paquet de gomme.
Les associations de marchands souhaitent donc que le gouvernement agisse en abaissant les taxes sur le tabac, baisse qui profiterait aux marchands. Pour eux, de baisser les taxes de moitié encouragerait 75% des acheteurs de cigarettes de contrebande à revenir dans la légalité. «L’État ne perdrait rien. S’il y a de quoi, elle risque de gagner», indique le président de l’ACDA. Selon lui, le gouvernement perd 650 M$ par année avec l’exode des fumeurs vers les cigarettes de contrebande.
La caravane de l’ACDA visitera 25 villes du Québec dans les prochaines semaines. Les propriétaires de dépanneurs ont d’ailleurs été invités à discuter de cette situation avec le député de leur localité.