C’est Ghislain K.-Laflamme, avocat et président de Sélections Mondiales des Vins Canada, qui a amené le concours dans la capitale.(Photo Vildana Lelic)
Le bonheur est dans la bouteille
3e édition des Sélections mondiales des vins Canada à Québec
Depuis mardi, les plus grands dégustateurs de vins au monde sont à Québec pour participer au concours des Sélections Mondiales des Vins Canada, une activité qui se déroule jusqu'à dimanche sous la présidence de Ghislain K.-Laflamme. Rencontre avec l’homme à qui on doit la survie du plus grand concours international des vins en Amérique du Nord.
À quoi ressemble une séance de dégustation du concours Sélections Mondiales des Vins Canada?
Dans un concours international, c’est quelque chose qui est très fermé. Les bouteilles sont toutes habillées pour que les dégustateurs ne puissent pas reconnaître les vins. Ces gens ne connaissent que les couleurs des vins et le millésime. Alors, les jurés s’assoient autour d’une table et commencent leur dégustation en silence. De plus, tous les matins, avant la première séance de dégustation, on présente aux jurés un vin de calibrage de même type que la série prévue en vue de leur mise en bouche. C’est pour éviter les goûts de café et de la pâte à dents, par exemple. Mais c’est un vin qui ne participe pas au concours.
Combien de produits ont été enregistrés cette année et combien de pays participent?
Cette année, 1 852 vins provenant de 29 pays différents sont présentés aux jurés.
Comment détermine-t-on l’admissibilité des produits?
On a une liste de producteurs mondiaux et on sollicite environ 15 000 producteurs. Par la suite, ce sont eux qui choisissent les produits qu’ils veulent nous envoyer. En général, ces personnes choisissent les vins les plus récents, donc des millésimes jeunes, parce qu’ils en ont une quantité plus grande. Ça ne sert à rien d’essayer de gagner une médaille avec un vin s’il nous reste que 30 bouteilles en stock.
Comment les produits sont classés?
Il y a une série de catégories selon lesquelles on regroupe ces vins, dont trois grandes catégories de prix, soit celles de moins de 20 $ CAD, entre 20 $ CAD et 40 $ CAD, et 40 $ CAD et plus. C’est l’équipe technique qui regroupe les vins selon le prix qui sont indiqués par les producteurs. Ensuite, nous multiplions leur prix par le facteur 3,2 ce qui donne les prix auxquels les vins seraient vendus à la SAQ. À cela se rajoutent d’autres catégories qui sont bâties par couleur, par teneur en sucre et aussi par cépage (type de vignes).
Les gagnants se verront attribuer les Grandes Médailles d’Or, les Médailles d’Or et les Médailles d’argent pour leurs produits. En dehors de ces médailles, existe-t-il d’autres prix?
Oui. On a le prix LYSE CLOUTIER-COFFIN, qui est la note la plus haute de tout le concours, le prix du MEILLEUR PRODUCTEUR DE VIN ainsi que le prix du MEILLEUR AGENT DE REPRÉSENTATION EN VINS.
Lors des dernières éditions du concours, le nombre de vins ayant obtenu des médailles n’excédait jamais plus que 30% des produits présentés au total. Pour quelle raison?
C’est l’Organisation internationale de la vigne et du vin, un organisme qui établit les règles des grands concours internationaux de vin, qui dicte ces règles pour éviter que ce soit un concours bidon et que tous les participants repartent avec un prix.
En dehors des prix, le concours réserve-t-il d’autres avantages aux gagnants?
Le fait d’avoir une médaille au concours Sélections Mondiales donne des points de notoriété à tout produit qui veut être introduit à la Société des alcools.
En plus, on produit après chaque édition un Guide regroupant des produits ayant obtenus 80 points et plus que l'on distribue en Amérique du Nord à environ 1 000 grands acheteurs. Les gagnants seront aussi publiés sur le site Internet de Global Wine & Spirits, le plus grand site de commerce électronique destiné aux professionnels du vin, et sur Drinks Media Wire, qui permet de diffuser les annonces des lauréats de Sélections mondiales des vins partout à travers le monde.
Les producteurs peuvent inscrire plus d’un de leurs vins au concours. Y a-t-il un nombre limite de produits par producteur?
Il n’y a pas de limites. La personne peut même inscrire plusieurs vins dans une même catégorie, mais pas le même vin dans différentes catégories.
Comment devient-on membre du jury du concours?
Difficilement. La règle de constitution d’un jury dans un concours international qui compte cinq dégustateurs veut que quatre d'entre eux doivent venir de pays différents. Les règles veulent qu’il y ait également au moins un œnologue par jury. Il s'agit de quelqu’un qui a suivi des cours universitaires sur la chimie ou la décomposition des divers éléments qui constituent le vin. À ne pas confondre avec un œnophile, qui simplement aime le vin.
Comment voyez-vous l’avenir des Sélections mondiales des vins du Canada?
Je suis assuré du retour pour les deux prochaines éditions, car j’ai les droits jusqu’en 2011. Après ça on verra. Mais si on fait cinq ans avec succès, il n’y a pas de raisons d’imaginer que le concours disparaisse.