«Quand tu es un élu en poste, tu dois prendre une décision»
- Émile Loranger, au sujet du projet d'aréna
En dépit de la contestation citoyenne, le maire de L’Ancienne-Lorette laisse le projet de construction de complexe sportif aller de l’avant. La tenue du chantier nécessite la coupe de 1500 arbres matures dans un boisé situé près de la polyvalente.
«On constate de par la réaction des gens qu’il y a eu une très mauvaise compréhension des impacts du projet», mentionne celui qui entend compléter l’information. À son avis, les gens ont été mal renseignés puisque certains craignent une coupe à blanc, chose qui n’est pas envisagée.
«Que les gens soient déçus parce qu’on décide de couper des arbres, je comprends. Moi-même je suis déçu, mais quand tu es un élu en poste, tu dois prendre une décision. Tu peux décider pour l’option A ou l’option B. Si tu prends l’option A, tu plais à du monde et tu déplais à d'autres. Même chose pour l’option B. C’est certain que si tu ne prends pas de décision, tu ne déplais à personne, mais tu n’as pas d’affaire là.»
Le maire affirme n’avoir rien caché dans le dossier amorcé en septembre 2006. Les conseillers de l’opposition dénonçaient l’éventuel abattage d’arbres l’automne dernier.
«Il n’y a pas 50 000 possibilités. On ne s’est pas demandé quel projet nous permettrait de couper des arbres. Ce n’est pas du tout comme ça que nous avons regardé ça.»
Émile Loranger a retenu deux options dans toute cette histoire : démolir l’Amphiglace Mario-Marois puis rebâtir, ou le garder et construire à côté. L’objectif d’implanter un programme sport-études en collaboration avec la Commission scolaire des Découvreurs (CSDD) éliminait la construction hors site, indique le maire.
Nonobstant des coûts plus élevés du scénario démolition/reconstruction, la Ville de L’Ancienne-Lorette entend aménager un terrain de soccer à l’intérieur de l’Amphiglace. L’endroit pourra également être utilisé pour d’autres activités sportives.
«À partir du moment où on veut faire une école de soccer, on élimine l’option de débâtir.»
Certains citoyens proposent aux élus de construire derrière la polyvalente, chose toutefois illogique aux yeux d’Émile Loranger, en raison de la trop petite dimension du terrain. Il faudrait alors déboiser pour obtenir l’espace suffisant.
«Derrière la polyvalente, c’est un terrain de football. Si je construis quand même dessus, je le place où? À l’avant de la polyvalente, ce sont des terrains de soccer, si je fais un terrain de football, je les mets où? Je les envoie dans le bois…»
Selon le maire, la campagne électorale de novembre prochain a envenimé l’ambiance lors de la dernière assemblée. La majorité des gens présents ont cependant assisté à la séance du conseil de bonne foi, croit-il.
Malgré la grogne citoyenne, le projet va de l’avant. La Ville de L’Ancienne-Lorette a d’ailleurs délivré le permis de construction.
«Le promoteur peut creuser demain matin s’il veut.»
Manque de transparence
Un manque aberrant de transparence du maire explique le mécontentement de nombreux citoyens de L’Ancienne-Lorette, pense pour sa part le conseiller Daniel Dupuis.
Ce dernier a rencontré Émile Loranger et le directeur général Serge Lapointe ce matin. «J’ai obtenu des réponses, mais les gens intéressés au boisé non, raconte-t-il. Les gens hier soir, ce n’est pas moi qui leur ai demandé de dire qu’ils n’ont pas eu l’information. Ce sont eux qui le considèrent. Peut-être qu’ils auraient pu la demander, mais chose certaine, ils ne l’ont pas eue.»
«Depuis 2006, on sait que des arbres seront abattus, mais il n’y a jamais eu de séance publique d’information.»
Les gens ont l’impression de s’être faits roulés, avance-t-il avec une certaine prudence dans ses propos.
«C’est certain que quand les gens se font dire qu’on a un beau projet, qu’on va avoir une subvention de 7,5 M$, qu’on va avoir un bel aréna, que ça nous coûtera rien, ils ne peuvent pas être contre.»
S’il dit être en «combat épique» continu pour obtenir de l’information ou des précisions, Daniel Dupuis veut donner l’heure juste du mieux qu’il peut aux citoyens.
«Je vais continuer d’informer les gens avec les renseignements que j’ai. Si on me donne de la fausse information, je vais donner de la fausse information aux gens. Si on me donne la bonne information, je vais donner la bonne information.»
Questionné à savoir s’il était trop tard pour modifier le projet, le conseiller du district Saint-Olivier s’attend au déroulement tel quel.
«Les gens vont être déçus. Je suis déçu. J’aurais voulu que le projet se fasse ailleurs, mais de là à faire arrêter le projet pour le faire ailleurs, je ne prendrai pas le lead d’un mouvement comme celui-là.»
On peut aussi lire Séance houleuse du conseil municipal à L’Ancienne-Lorette à ce sujet.