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Les normes antipollution pour le chauffage au bois ne font pas l'unanimité

Thaïs Martel par Thaïs Martel
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Article mis en ligne le 23 mai 2009 à 6:30
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Les normes antipollution pour le chauffage au bois ne font pas l'unanimité
Le feu de bois pourra continuer à réchauffer les chaumières québécoises. Mais, outre les nouvelles normes EPA, il faut aussi un comportement responsable de la part du propriétaire.
Les normes antipollution pour le chauffage au bois ne font pas l'unanimité
Le 5 mai dernier, la ministre de l’Environnement du Québec, Line Beauchamp, rendait publiques de nouvelles normes concernant les appareils de chauffage au bois. Dès le 1er septembre 2009, un nouveau règlement interdira aux manufacturiers de fabriquer ou de vendre des foyers et poêles à bois qui n’atteignent pas la norme américaine EPA (Environmental Protection Agency). Des mesures qui ne font pas l’affaire de tout le monde.
Les appareils qui respectent les normes rejetteraient jusqu’à dix fois moins de fines particules toxiques dans l’air que les appareils conventionnels. Avec ce nouveau règlement, assorti d’une amende pouvant atteindre 250 000 $ pour les fabricants qui ne s’y ajusteront pas d’ici septembre et qui porte sur la fabrication et non sur l’utilisation de ces appareils de chauffage, le gouvernement espère régler le problème associé au chauffage au bois d’ici quelques années, un poêle à la fois.

Chez SBI, important manufacturier d’appareils de chauffage au bois résidentiel dans les locaux de qui l’annonce de la ministre Beauchamp a d’ailleurs été faite, on accueille positivement l’adoption du nouveau règlement. D’autant plus que depuis 10 ans, SBI dit avoir entrepris des efforts significatifs pour réduire les émissions de particules fines de ses appareils de chauffage au bois.

«Nous sommes très contents de voir que la ministre et le gouvernement ont écouté l’industrie. Nous demandions depuis longtemps une réglementation EPA», mentionne Rodrigo Villa De Liguori, directeur du marketing chez SBI, ajoutant que plus de 95 % des appareils de l’entreprise sont déjà conformes aux normes. De plus, M. Villa De Liguori considère que cette nouvelle réglementation va pousser tous les fabricants à développer des appareils plus performants. «Les nouvelles technologies moins polluantes vont permettre une haute efficacité, ce qui va faire en sorte que le chauffage au bois va devenir une option verte acceptable», avance-t-il.

Une opinion que partage Claude-André Poulin de Giroux Maçonnex. «Au niveau des émissions de particules, cette réglementation va au moins faire en sorte que les gens vont acheter des appareils moins polluants, ce qui va permettre une meilleure utilisation de la ressource qu’est le bois», signale-t-il. Au-delà de la question environnementale, M. Poulin considère que d’adopter des normes du genre représente une bien meilleure solution que celle choisie par Montréal, à savoir l’interdiction pure et simple d’installer un poêle à bois dans les constructions neuves.
Utilisation et qualité du bois
Toutefois, c’est un tout autre son de cloche qu’on entend de la part de Gilbert Dion, président de l’entreprise Foyers DonBar. Pour M. Dion, la réglementation ne tient pas du tout compte de l’utilisateur alors que c’est plutôt lui qui devrait être certifié EPA. «Les tests de l’EPA ne correspondent pas à utilisation que les gens font d’un poêle à bois. Par exemple, si quelqu’un brûle du bois vert ou résineux, il va polluer bien plus, indépendamment des normes EPA.»
Selon lui, la nouvelle réglementation reflète une certaine méconnaissance de la part du gouvernement puisque plus l’appareil est isolé, moins la chaleur est transmise du poêle à la maison. «Les gens confondent efficacité de combustion et rendement. Si l’appareil est isolé complètement, il ne chauffe pas la maison, pourtant il a un excellent taux d’efficacité selon l’EPA, explique M. Dion pour qui la solution passe bien plus par l’éducation que par l’application de réglementation. Pour éviter de polluer, il faut savoir chauffer!»

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