La chercheuse Francesca Cicchetti et le docteur Léo Cantin ont résumé – et surtout vulgarisé! – les discussions que les chercheurs ont eues durant toute la journée. (Photo Luc Fournier)
Québec comme centre d’excellence des maladies neurodégénératives
Sont réunis en ce moment, à Québec, plus de 125 spécialistes de la neurologie venant de la Suisse et des États-Unis, entre autres, dans le cadre du premier Symposium de Québec sur les avenues thérapeutiques pour les maladies neurodégénératives. Les médecins québécois qui y sont aimeraient bien, d’ailleurs, que Québec devienne un centre d’expertise dans ce type de maladie.
Selon un des organisateurs du symposium, le docteur Léo Cantin, neurologue du CHA, l’objectif de ce symposium qui regroupe autant des sommités mondiales que des étudiants à la maîtrise et au doctorat en médecine est de «prendre un temps d’arrêt pour faire rencontrer les cliniciens et les chercheurs.»
C’est que les développements, dans ce domaine, vont bon train. Surtout depuis que le président Obama a permis aux chercheurs de faire des études sur les cellules souches, une possibilité qu’avait mise de côté l’administration Bush.
D’ailleurs, de nouvelles études permettent de croire que les cellules souches pourraient être extraites des cellules de la peau, au lieu d’être récupérées dans des foetus. L’élément central qui posait problème au niveau éthique est ainsi contourné. Après avoir retiré ces cellules dermiques, on pourra les modifier avant de les transplanter dans le cerveau des patients.
Parmi ces maladies neurodégénératives, le Parkinson est celle qui retient le plus l’attention. Bien que l’implantation d’électrodes chez ces malades demeure encore le principal traitement, Halifax, en Nouvelle-Écosse, a contribué à l’expérimentation de plusieurs autres avenues qui semblent probantes.
Et Québec veut faire partie de ces nouveaux centres d’excellence qui verront le jour au Canada dans les prochaines années. Car comme l’indique le docteur Cantin, «la solution risque d’arriver plus rapidement que prévu, et on veut en faire partie». «On a tous les effectifs ici en ce moment», de renchérir la docteure Francesca Cicchetti, chercheuse au CHUQ, en parlant de la qualité des chercheurs de Québec dans ce domaine.
Un tel centre d’expertise (pas nécessairement un centre physique, mais la reconnaissance de l’expertise des médecins de Québec) attirerait d’ailleurs des médecins.
Mais quand on parle de Parkinson, «le mot guérir n’est pas encore là», avertit Léo Cantin. Plus de 25 000 personnes en sont atteintes au Québec. Et les causes de cette maladie ne sont pas connues, bien qu’on soupçonne que les pesticides et les métaux lourds y ont quelque chose à voir. D’ailleurs, il a récemment été reconnu qu’un travailleur agricole américain a développé la maladie à cause des pesticides. La cour a statué que c’est à cause de son travail qu’il avait développé le Parkinson.
Le nombre de cas va d’ailleurs en s’accroissant, mais les docteurs attribuent cette progression aux traitements plus efficaces des malades, qui font en sorte que ces patients vivent plus vieux.
Les recherches sur les cellules souches pourraient aussi aider à traiter d’autres problèmes comme ceux liés à la moelle épinière, qui, une fois rompue à certains endroits de la colonne vertébrale, rendent paraplégiques.