Marc-Antoine, tout près de la base scientifique PEARL au 80e parallèle, la plus au nord du monde.
Aux premières loges des changements climatiques
Un élève du Petit Séminaire de Québec explore le Nunavut
Un élève du Petit Séminaire de Québec revient d'une expédition au Nunavut, une expérience qui l'a marqué pour toute la vie.
«Ce stage m’a fait prendre conscience qu’il y a des changements importants dans un écosystème fragile. Ce qui m’a le plus frappé, c’est que la glace fond par le bas au lieu du haut, et les vents sont beaucoup moins prévisibles», explique Marc-Antoine Mailloux-Labrousse.
L'élève de 5e secondaire est l'un des 15 candidats choisis dans tout le Canada pour cette aventure de 11 jours qui l'a conduit vers Resolute Bay et Eurêka. Quelques enseignants et des experts du Canadian Network for the Detection Atmospheric Change (Candac) à Toronto ont accompagné le groupe. Cette première aventure comptant des jeunes est une initiative du Candac, dans le cadre de l'année polaire internationale.
Le futur scientifique témoigne que ce voyage a changé sa vision du monde. «Les autres élèves sont aussi marqués par cette expérience. À Resolute, on a pu rencontrer les anciens du village. Ils craignent un déversement de pétrole, en raison du trafic de bateaux qui va augmenter, parce qu'ils ont une plus grande facilité à traverser le passage du nord-ouest que celui du Panama.»
Bientôt l’Arctique libre de glace l’été
Les scientifiques de Candac ont informé les élèves que l’échéance de l’Arctique libre de glace l’été s’est beaucoup rapprochée. «Ils ont dit que ce qui avait d’abord été fixé pour 2050 est maintenant prévu pour 2012, selon le Groupe intergouvernemental d’études sur le climat. Ça nous a fait un choc», dit-il.
Marc-Antoine poursuit en rappelant les propos d'experts qui ont spécifié que si toute la glace de l'Antarctique devait fondre, le niveau de la mer monterait de 65 mètres. «Et ça ne compte même pas l'Arctique», précise-t-il.
Outre ces témoignages, la culture inuite a été exposée par le biais de la gastronomie et des activités culturelles. «Pendant notre séjour, on a mangé du ragoût d’ours polaire, du phoque et du narval. Un groupe de jeunes ont aussi travaillé à enlever le gras d’une peau d’ours polaire qui avait été chassé dans la semaine», expose Marc-Antoine Mailloux-Labrousse.
Soixante-dix jeunes Inuits sont sur les bancs d'école parmi la petite population de 230 habitants, à Resolute Bay. «Ça va de la première année à la douzième année. L’an dernier, huit élèves ont terminé le secondaire, c’était une grande cohorte!», lance le futur scientifique.
Les jeunes explorateurs ont visité les appareils du laboratoire PEARL (Polar Environment Atmospheric Research Laboratory), à Eurêka.
Autre adaptation importante pour le groupe d’élèves: le nombre d’heures d’ensoleillement. À la mi-avril, il y a 22 heures de soleil et 2 heures de crépuscule. «Personnellement, ça m’a donné plus d’énergie», précise Marc-Antoine.
Le futur scientifique compte bien approfondir ses connaissances. L’année prochaine, il sera au cégep François-Xavier-Garneau inscrit au Baccalauréat international en sciences de la nature.
«Si toute la glace en Antarctique devait fondre, le niveau monterait de 65 mètres, et ça ne compte même pas l’Arctique»
<@CP>(Photo Véronique Demers)