Le directeur général et le vice-président de Nature Québec, Christian Simard et Charles-Antoine Drolet, ont remis aujourd'hui au gouvernement Harper une pétition de 60 000 signatures demandant la protection de la forêt boréale afin d'assurer la conservation de l'habitat où nichent dans tout le Canada près de 2 milliards d'oiseaux. (Photo Véronique Demers)
À la rescousse des oiseaux de la forêt boréale
Nature Québec souhaite au plus tôt un Plan de conservation
Nature Québec vient de remettre au gouvernement Harper une pétition de 60 000 signatures, demandant à protéger la forêt boréale, afin de sauvegarder quelque 300 espèces d'oiseaux qui la fréquentent.
Cette pétition est aussi remise aux premiers ministres des provinces canadiennes. Le gouvernement Charest s'est engagé à protéger 50% du Nord québécois. «Actuellement, l'aire protégée est de 8%. Un plan de conservation devra être établi pour protéger cette forêt, et ça
doit se développer de concert avec les populations autochtones, les gouvernements et les pouvoirs publics», note le directeur général de Nature Québec, Christian Simard.
Si la forêt boréale au Québec était protégée à 50% (au-delà du 51e parallèle), cela signifierait une superficie pouvant aller jusqu'à 600 000 km carrés. La province protégerait l'habitat de 106 à 320 millions d'oiseaux nicheurs, en plus de maintenir les bénéfices que cette forêt procure à l'environnement, soit la purification de l'eau, la production d'oxygène et le maintien du climat mondial tempéré.
Nature Québec souhaite une protection de la forêt boréale pour préserver l'écosystème de 325 espèces d'oiseaux qui s'y reproduisent et y nichent. Depuis 40 ans, leur population est en déclin. On observe notamment des déclins de 90% de la population de Quiscale rouilleux, 70% de la Mésange à tête brune et du Grosbec errant.
«La forêt boréale est considérée comme la pouponnière des oiseaux migrateurs des Amériques. On ne peut se permettre de perdre un écosystème si précieux», déplore le vice-président de Nature Québec, Charles-Antoine Drolet.
Ce déclin des populations d'oiseaux résulte d'une perte d'habitats, en raison de coupes forestières, l'exploration et l'exploitation minière et les développements hydroélectriques. «Pour le moment, les aires protégées sont déterminées en fonction des caractéristiques biophysiques plutôt qu'en fonction de la protection des oiseaux. Les habitats nordiques sont aussi importants que ceux du sud, puisqu'il y a une migration transcontinentale», résume M. Simard.
«La forêt boréale est considérée comme la pouponnière des oiseaux migrateurs des Amériques. On ne peut se permettre de perdre un écosystème si précieux»
Charles-Antoine Drolet