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Québec Hebdo
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Ayoye!

Frédérick Masson par Frédérick Masson
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Article mis en ligne le 9 mai 2009 à 5:05
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Ayoye!
Après une édition 400e des plus mémorables, nombreux étaient ceux et celles qui attendaient avec impatience la fameuse «première» conférence de presse des organisateurs du Festival d'été de Québec, dévoilant quelques-unes des têtes d'affiche de la prochaine édition. Et s'il faut en croire les commentaires reçus jusqu'à maintenant, l'attente ne fut pas vaine.
Mais sous des noms tels que Kiss, Sting, Placido Domingo et The Lost Fingers, certes des coups de maître, se cachait LA nouvelle, que trop de gens à mon avis ont balayé sous la carpette comme un amas de poussière que l'on tente rapidement de dissimuler : une augmentation du coût du macaron, le laissez-passer officiel de l'événement, de l'ordre de 75% en prévente et de 33 % au prix régulier!

Disponibles en 2008 au prix de 20 $ en prévente et de 30 $ par la suite, voilà que le bout de plastique clignotant voit sa valeur grimper en flèche. Ainsi, pour assister à l'édition 2009, les amateurs de musique devront déplier 35 $ (en prévente à compter du 20 mai) ou 45 $ (à compter du 12 juin) pour mettre la main sur ledit macaron.

Bien sûr, les bonzes du Festival d'été de Québec justifient cette hausse par le fait qu'ils présenteront des spectacles uniques, que le prix des billets pour voir de tels artistes ailleurs sur la planète se chiffre à plus de 100 $ pièce et que la visibilité apportée par les artistes de renommée internationale contribuera à faire de Québec une destination de choix pour la clientèle touristique.

Mais au-delà de ces lunettes roses que constituent cette fameuse visibilité et la venue dans la Cité de Champlain des gens de l'extérieur, il y a les mélomanes d'ici. Ceux et celles qui depuis plus de 40 ans permettent au rendez-vous annuel d'enregistrer record par-dessus record, en assistant à l'un ou l'autre des spectacles inscrits à la programmation.

Si les amateurs «réguliers» n'y verront que du feu, se précipitant pour la plupart sur les quelque 60 000 laissez-passer offerts en prévente, ce sont les «occasionnels» qui risquent d'être largués par le Festival. Contexte économique oblige, certainement moins nombreux seront les promeneurs d'un soir enclins à consacrer 90 $ par couple pour un concert en plein air. Ajoutez à cela 8 $ pour le stationnement, deux consommations, l'essence et la paye de la gardienne s'il y a lieu, et vous obtenez une jolie somme qui, à la fin du mois, représentera un trou considérable dans le budget. Vous remarquez que je ne fais aucunement mention d'un petit souper au resto en «première partie» de la soirée…

Résultat : il y a fort à parier que la «revente» de macaron sera un des moments forts de la prochaine édition puisque plusieurs détenteurs de l'épinglette dorée tenteront de refiler leur laissez-passer une fois leur vedette préférée envolée vers d'autres cieux.

Malheureusement pour Daniel Gélinas et sa bande, voilà des données qui ne contribueront en rien mousser un bilan postévénementiel. Est-ce justifié de penser que la volonté de vaincre le blues appréhendé du 401e anniversaire aura eu le dessus sur la raison. Certainement. Les lendemains de l'événement feront foi de tout et indiqueront si les organisateurs ont eu raison de gonfler de manière aussi importante le prix des laissez-passer. Souhaitons qu'en cas de baisse d'achalandage, le poids de la faute ne se retrouve pas uniquement chez Dame Nature, qui a trop souvent le dos large lorsque vient le moment d'expliquer un bilan moins reluisant…

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