Le projet d'hôtel est loin de faire l'unanimité.
Un hôtel, non merci!
Les participants du forum citoyen sur l’avenir du Patro Saint-Vincent-de-Paul sont unanimes
Le souhait des participants au forum citoyen sur l’avenir du Patro Saint-Vincent-de-Paul est clair : conserver le caractère public du site et mettre en valeur le paysage. La plupart des intervenants se sont prononcés en faveur de l’expropriation, rien de moins, afin de barrer la route au promoteur et de donner à la population la possibilité de définir l’avenir du lieu.
Organisé à l’ENAP par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste, le forum citoyen sur l’avenir du Patro Saint-Vincent-de-Paul a réuni plus de 80 personnes. L’événement se voulait d’une part un moyen de sensibiliser la population aux enjeux du développement urbain tout en favorisant le débat et la réflexion critique entre les citoyens et d’autre part une façon de mener la consultation publique que le Comité a demandé sans succès jusqu’à maintenant à la Ville de Québec.
C’est la permission accordée au promoteur Jacques Robitaille de déplacer pierre par pierre la façade de l’église Saint-Vincent-de-Paul au début de l’année 2009, qui a montré l’urgence d’agir pour le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. «Quand on a vu les esquisses du projet d’hôtel, on a assisté à une levée de boucliers dans le quartier. C’est une structure très imposante que le promoteur se propose de construire, au détriment de plusieurs facteurs comme la localisation ou le fait que le site devrait être consacré aux besoins de la communauté», explique Mathieu Houle-Courcelles du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.
Le Comité populaire avait demandé à différentes personnes de prendre la parole lors du forum afin de lancer le débat. L’urbaniste Marcel Junius a ouvert le bal, critiquant les gestes posés par le promoteur dans ce qu’il appelle «l’affaire Saint-Vincent-de-Paul». D’après M. Junius, la démolition illégale du lieu et l’attitude conciliante de la Ville et de la ministre de la Culture dans ce dossier viennent créer «une jurisprudence dangereuse pour le patrimoine culturel et immobilier.»
Pour sa part, Winnie Frohn, ex-conseillère municipale de Saint-Jean-Baptiste, a insisté sur le fait qu’il ne faut pas laisser un site aussi exceptionnel aux mains d’un promoteur privé. «Il s’agit d’une des portes d’entrée de Québec. Ce qui sera bâti à cet emplacement enverra un message fort sur notre identité», fait-elle savoir.
Expropriation
Le Comité populaire souhaite que la Ville exproprie le terrain afin que puisse être développé un projet à caractère résidentiel où serait priorisée la construction de nouveaux logements sociaux. «La disparition de nombreux logements dans le secteur a fait grimper en flèche le cout des loyers. Dans Saint-Jean-Baptiste, 43 % des locataires consacrent plus du tiers de leur budget à se loger et 23 % plus de la moitié. Le loyer médian, plus élevé que partout ailleurs, est de 595 $. Nous avons des besoins précis en terme de logements sociaux qu’on aimerait faire valoir à travers des audiences publiques à la Ville de Québec. On demande l’expropriation parce qu’on pense que le quartier n’a pas besoin d’un xième hôtel», lance M. Houle-Courcelles
Le Comité populaire s’est dit encouragé de voir que la majorité des personnes présentes au forum s’est exprimée en faveur de l’expropriation et attend maintenant le forum de discussion et les consultations liées au programme particulier d'urbanisme (PPU) qui va dicter les règles à respecter au cours des prochaines années dans le domaine et qui pourrait donner à la Ville le pouvoir d’exproprier Jacques Robitaille. «On va inviter la population à venir dire non au projet actuel concernant Saint-Vincent-de-Paul afin que le PPU amène une meilleure qualité de vie dans le quartier», conclut Mathieu Houle-Courcelles.