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Repenser le rôle du gouvernement pour l’industrie forestière

Article mis en ligne le 5 mai 2009 à 12:20
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Repenser le rôle du gouvernement pour l’industrie forestière
À mesure que nous avançons dans le sombre paysage économique de la récession, nombreux sont ceux qui se tournent vers les gouvernements pour trouver des solutions. Les attentes de la population quant au rôle des gouvernements sont aussi sujettes aux modes que les autres éléments de notre culture : parfois, nous pensons qu’ils ne peuvent rien à l’économie et parfois nous souhaitons qu’ils sauvent nos emplois.

La situation économique difficile, combinée à l’assurance stimulante de l’administration Obama, a redonné au rôle des gouvernements dans l’économie la faveur de la population. Ce qui était un écart idéologique entre la gauche et la droite semble maintenant davantage une question de considérations politiques ponctuelles.

Comme nos emplois et notre bien-être sont en jeu, peut-être devrions-nous nous demander ce que les gouvernements peuvent faire en ces temps de récession et recentrer la question sur le côté pratique. La réponse est assez simple. Les gouvernements peuvent fournir un filet de sécurité qui réduit les difficultés des travailleurs mis à pied et les prépare à de nouveaux emplois. Ils peuvent aussi contribuer à l’adaptation des communautés. C’est un rôle dont ils s’acquittent avec succès et qui représentait une large part du dernier budget fédéral.

Les gouvernements peuvent aussi stimuler l’économie par des dépenses et des politiques macroéconomiques. Bien que certains pensent que ce n’est pas suffisant, la vérité est qu’en cette période économique peu familière, il n’y a pas de prescriptions claires. Tout compte fait, le jugement, l’ouverture d’esprit et la bonne foi nous mèneront plus loin que les recettes du passé.

Un troisième rôle pour le gouvernement consiste à établir des conditions favorables pour les entreprises. En fait, seules des entreprises concurrentielles seront en mesure de protéger nos emplois. Le Canada est une nation exportatrice qui vend des produits partout dans le monde. Si nous sommes concurrentiels, nous maintenons notre niveau de vie. Si nous ne le sommes pas, nous perdons nos emplois. Il n’y a pas assez d’argent dans le trésor public des gouvernements ni de pouvoir politique dans les ministères des Finances pour nous exempter de la nécessité d’être concurrentiels.

Il est clair que ce sont les travailleurs et l’industrie même qui doivent prendre l’initiative de demeurer concurrentiels. C’est l’imagination, l’esprit d’entreprenariat et le travail acharné des travailleurs et des dirigeants de notre industrie forestière qui nous ont rendus concurrentiels. Malgré les temps difficiles, l’industrie forestière canadienne est encore le plus grand exportateur mondial du secteur et plusieurs de ses concurrents étrangers sont dans une posture plus critique.

Mais le climat commercial qu’offre le gouvernement joue un rôle central quand vient le temps de déterminer notre degré de compétitivité. Notre capacité à conserver les emplois est profondément influencée par les politiques en matière de transport et d’énergie, par le régime fiscal, par les politiques sur les fusions et par l’efficacité réglementaire.

Le programme pour le changement est clair : réagir aux subventions américaines pour la liqueur noire, voir à ce que l’industrie ait accès au crédit, faire cesser le monopole du rail pour qu’on puisse bénéficier de tarifs concurrentiels et d’un bon service, modifier la structure fiscale pour attirer les investissements dans l’innovation et la modernisation, fournir un meilleur appui à l’adoption de l’énergie verte dans l’industrie et créer un système de tenure forestière plus concurrentiel afin que le capital soit dirigé vers l’industrie plutôt qu’ailleurs.

Certaines provinces ont résisté au changement pour des raisons sociales à court terme, ce qui a rendu les usines moins concurrentielles et a causé plus de mal sur ce même plan social. Bien que d’autres aient pris des mesures pour moderniser leurs politiques en matière de tenure forestière et pour favoriser la compétitivité de l’industrie, le Québec n’a pas apporté de changement véritable. Au Québec, le coût de la fibre est parmi les plus élevés au monde, et si la province veut continuer à héberger une industrie prospère, elle doit agir avec une certaine urgence pour moderniser son mode de tenure, pour permettre à l’industrie de changer et de s’adapter et pour réduire les coûts.

Les marchés mondiaux vont se redresser et la population mondiale en croissance va susciter une demande accrue pour les produits forestiers. Le Canada doit se positionner dès maintenant pour profiter de cette occasion. Mais pour que le secteur forestier connaisse une reprise et devienne la meilleure industrie forestière de nouvelle génération dans le monde, il y a une condition préalable: il faut un climat commercial de premier ordre au Canada dès maintenant.
Avrim Lazar, président et chef de la direction de l’Association des produits forestiers du Canada

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