Marco Gaudreault, coordonnateur des enquêtes sociales du groupe-école du cégep de Jonquière et chercheur d'ÉCOBES, groupe d'études ayant réalisé l'enquête. (Photos Véronique Demers)
1,4 M$ pour accrocher les jeunes à l'école et aux sciences
Plan d'action développé jusqu'en 2011
Les ambitions des jeunes de 12 à 18 ans et leur intérêt pour les sciences et la technologie a été scrutée de près au printemps 2008.
Être jeune aujourd'hui: habitudes de vie et aspirations des jeunes des régions de la Capitale-Nationale, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et des Laurentides présente les premiers résultats de cette première enquête interrégionale.
Le projet de recherche Groupe d'Étude des COnditions de vie et des BESoins de la population (ÉCOBES) a pu être réalisé grâce à une entente spécifique entérinée par 27 partenaires associés pour un investissement de 1,4 M$ jusqu'en 2011. Dans la Capitale-Nationale, 1420 élèves fréquentant une école secondaire ont répondu au questionnaire.
Beaucoup intéressés, moins diplômés
Les statistiques de cette enquête révèlent que l'intérêt des jeunes pour la science est de 60%, mais seulement 30% d'entre eux deviennent des diplômés dans ce domaine.
Selon la chercheure Mélanie Gagnon du Groupe d'Étude des COnditions de vie et des BESoins de la population (ÉCOBES), ayant réalisé l'enquête interrégionale, il y a un décalage des pré-requis en 4e et 5e secondaire en sciences. «Ça prend des maths fortes et la physique; ce ne sont pas tous les élèves qui sont à ce niveau pour poursuivre des études supérieures », explique-t-elle.
Le portrait 2008 du Pôle Québec Chaudière-Appalaches détaille que 67 100 emplois en sciences, en technologies et en santé sont offerts dans la région de la Capitale-Nationale, soit un emploi sur six.
Marco Gaudreault, coordonnateur des enquêtes sociales du groupe-école du cégep de Jonquière et chercheur d'ÉCOBES, explique que la mission de susciter l'intérêt des jeunes pour les sciences ne se limite pas à l'école. «On a transféré à l'ensemble du personnel de l'école le mandat d'aider les élèves dans leur orientation de carrière. Mais au-delà du milieu scolaire; l'entourage et la famille peuvent aider à mousser l'intérêt des jeunes pour les sciences», a-t-il commenté.
Réussite scolaire et santé
La persévérance scolaire est aussi abordée. Chaque année, près de 1000 jeunes ne terminent pas leurs études secondaires dans la région de la Capitale-Nationale, soit l'équivalent d'une grande polyvalente dans une ville. Josée Tremblay, de la Conférence régionale des élus de la Capitale-Nationale: «Ce n'est pas juste une question d'école, mais aussi de communauté impliquée dans son milieu. Notre plan d'action débuté en janvier dernier comprend des campagnes de sensibilisation et des activités d'éveil à la science.»
Selon le Dr François Desbiens, directeur régional de santé publique à l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, réussite scolaire rime avec bon emploi et santé. «C'est pourquoi on s'est attardé à cette étude. Il faut continuer la lutte au tabagisme et surveiller les jeunes qui sont prédisposés à la dépendance à l'alcool», commente-t-il.
Une autre publication est à venir l'hiver prochain sur l'engagement scolaire comportemental, le soutien affectif parental et l'intérêt des jeunes de 5e secondaire à vouloir poursuivre une carrière en science.