Smart
Sécurité ou économie d’essence ?
Benoit Charette
Si nous vous demandions de faire un choix entre les deux, quelle serait votre réponse. Vous devrez peut-être la poser suite aux résultats des plus récents tests de collision mené par L’IIHS (Insurance Institute for Highway Safety). Cet organisme américain subventionné par les compagnies d’assurance passe en revue chaque année quantité de véhicules dans des tests de collision pour évaluer la cote de sécurité. Une récente série de tests sur des voitures sous-compactes démontrent que ces dernières ne sont pas aussi sécuritaires que plusieurs l’auraient crue. Ces voitures plus petites, plus légères et plus «vertes» ont lamentablement échoué des tests de collision frontale à 56 km/h. Il y a naturellement les lois de la physique qui sont impossibles à contourner. Si deux objets de grosseur différentes se frappent face à face, c’est le plus petit des deux qui risquent d’écoper. Dans ses différents tests, L’IIHS a révélé que les Toyota Yaris, Honda Fit et Smart Fortwo se sont littéralement recroquevillés sur elles-mêmes. C’est-à-dire qu’après l’impact, l’espace qui devait être la cage de protection des occupants s’est en parti replié sur elle-même causant des blessures aux bras et aux jambes à d’éventuels passagers lors d’un réel accident.
Le format a donc de l’importance
C’est ce que confirme le président de l’IIHS, Adrian Lund. Il souligne que les petites voitures font bien mieux dans les tests de collision depuis que l’on retrouve des coussins gonflables frontaux et latéraux. Mais une chose demeure, les petites voitures en raison de leur taille ont beaucoup de peine à bien protéger les occupants en cas d’impact sévère. Pour soutenir cette affirmation, l’institut note qu’en 2007, le taux de mortalité pour les petites voitures était relativement plus élevé que les voitures intermédiaires ou pleines grandeurs passant du double et près du triple selon l’angle d’impact lors de l’accident. Ces résultats plutôt inquiétants devraient constituée matière à réflexion pour l’administration Obama qui pousse pour des technologies plus vertes et des voitures de plus petits formats pour le consommateur américain. Logiquement, il faudra inclure dans ce nouveau débat sur l’avenir de la voiture moins énergivore, donc plus petite, un chapitre sur la sécurité. Il est inconcevable de sacrifier la sécurité au profit de l’économie de carburant, Tant et aussi longtemps que la route sera composée d’un mélange de gros utilitaires et de sous-compactes, ils semblent maintenant évidents que ses dernières seront en désavantage, même si elle font la part belle à l’environnement.
Comment régler ce problème
Il y a deux manières de voir ce problème. D’ici quelques années avec l, aide de lois de plus en plus sévères sur la consommation, il y aura de plus en plus de petites voitures sur la route, diminuant d’autant le problème de disproportion entre les véhicules qui utilisent la route. Néanmoins, il restera toujours des semi-remorques, des autobus, des camionnettes et des utilitaires. Ce qui nous laisse quelques options. Le gouvernement pourrait exiger la fabrication de petits véhicules plus robustes. Toutefois, concevoir des petits véhicules pour tenir tête au gros lors d’un impact frontal va coûter cher et le prix va automatiquement s’en ressentir, les consommateurs n’apprécieront pas. L’IIHS souligne que les voitures de plus grand format équipé de moteur 4 cylindres offrent une consommation proche des sous-compactes avec un indice de sécurité beaucoup plus élevé suggérant du coup d’aller vers ce segment de marché. C’est peut-être bien beau pour les Américains, mais au Québec, six automobilistes sur dix optent pour une voiture compacte ou sous-compacte. Il faudra donc que les constructeurs trouvent une méthode pour améliorer le coefficient de sécurité des petites voitures. Pour jeter un peu de baume sur ses résultats, la compagnie Smart a commenté les résultats en précisant que l’angle de l’impact des simulations d’accident est si rare et d’une telle sévérité qu’on la retrouve pratiquement jamais en situation réelle. «Depuis que nous sommes sur les routes» affirme Dave Schembri, président de Smart USA, nos voitures ont résisté aussi bien que les autres aux accidents et nous avons plus d’un million de véhicules sur la route dans 37 pays.
Messieurs et mesdames les politiciens, un peu de matière à réflexion.
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2009. Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedis à MIDI sur les ondes du 98,5 FM de Montréal et le réseau Corus Québec ou via internet au
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