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Plus de déchets recyclés… mais plus de biens jetés

Luc Fournier par Luc Fournier
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Article mis en ligne le 24 avril 2009 à 15:33
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Plus de déchets recyclés… mais plus de biens jetés
Raymond Dion, responsable de l’environnement à la Ville de Québec, invite les gens à attendre jusqu’au 4 mai pour déposer au chemin les résidus verts qu’ils amasseront peut-être en fin de semaine. (Photo Mylène Tremblay)
Plus de déchets recyclés… mais plus de biens jetés
La Communauté métropolitaine de Québec se dit satisfaite du taux de valorisation des déchets qui dépasse maintenant l’objectif de 60% qu’elle s’était fixé. Or, même si on recycle plus, la quantité de déchets envoyée à l’incinérateur ou à l’enfouissement demeure la même, car les citoyens consomment plus, et jettent plus.
La quantité de matière valorisée, ou recyclée, est passée de 50 000 tonnes en 2002 à environ 125 000 tonnes en 2008, un bond considérable. Toutefois, on s’aperçoit que cette hausse suit celle de la quantité gérée par la CMQ. Clairement, les gens jettent 28% plus aujourd’hui qu’en 2002.

C’est donc à la source que doivent être conscientisés les consommateurs, pour qui l’achat d’un appareil de moindre coût – et bien sûr de moindre qualité – peut être alléchant. Toutefois, cette coutume du «acheter-jeter», qui remplace dorénavant la réparation du bien, cause des torts à l’environnement et surcharge le système de traitement des matières résiduelles.

Raymond Dion, vice-président à la Commission de l’environnement de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), croit que c’est à la base qu’il faut être conscientisé. Il donne d’ailleurs l’exemple des pneus, pour lesquels le consommateur paye, à l’achat, pour le traitement ultérieur de ceux-ci à la fin de leur vie utile. La CMQ demande ainsi que le gouvernement provincial mette en place le principe de responsabilité élargie des producteurs pour l’ensemble des matières.

Car les biens de fabrication douteuse, comme certains téléviseurs, cellulaires ou autres appareils électroniques doivent être traités de façon spéciale puisqu’ils contiennent souvent des métaux lourds. La multiplication de ces appareils augmente ainsi les coûts pour la CMQ dans le traitement de ses déchets.

La CMQ croit d’ailleurs que l’aide gouvernemental est insuffisant. «C’est un fardeau très important pour les villes», indique M. Dion. À peine 11% du coût de la gestion des matières résiduelles sur le territoire est payé par le gouvernement.
La récolte des matières organiques
La prochaine étape, en ce qui a trait à la collecte des matières résiduelles, est la collecte à trois voies. Aux deux voies déjà existantes s’ajoutera celle des matières organiques. Le projet devrait être instauré au printemps 2010. Seule la grandeur des contenants reste à déterminer.
Car nos poubelles renferment souvent de 40 à 43% de matières organiques desquelles on pourrait retirer du compost et du biogaz. Ce dernier pourrait servir à alimenter les voitures de la Ville ou le transport en commun.

D’autres matières organiques sont toutefois déjà détournées des centres d’enfouissement. L’herbicyclage, soit le fait de laisser se décomposer les matières organiques comme les rognures de gazon ou les feuilles mortes, a contribué à réduire les quantités de déchets gérés, et transportées par des camions qui rejettent des gaz à effet de serre. Québec est d’ailleurs la seule ville québécoise à avoir rendu obligatoire l’herbicyclage, ou à tout le moins interdire aux citoyens de jeter les matières organiques de jardinage à la poubelle.
Le ménage du printemps
Certains citoyens entameront prochainement leur ménage du printemps, amassant branches, feuilles et gazon. La Ville de Québec tient à souligner que les citoyens doivent attendre le 4 mai pour mettre au chemin ce genre de détritus. À toutes les semaines de mai, une collecte spéciale sera faite pour ce type de matière, et il est préférable de mettre ces sacs un peu à l’écart des sacs d’ordures ordinaires.

Aussi, les gens seront portés à faire leur ménage. Il faut savoir que les produits dangereux ou toxiques doivent être acheminés dans les écocentres, présents dans la majorité des arrondissements. Il suffit de visiter le site de la ville de Québec pour savoir où se situe l’écocentre le plus près de chez vous.

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