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La Terre fragile chaque jour

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 24 avril 2009 à 6:30
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La Terre fragile chaque jour
Instauré un 22 avril il y a tout juste une quinzaine d'années, soit depuis que l'humanité fait preuve d'un peu plus d'humilité envers la nature de la seule planète habitable connue à des centaines d'années lumières à la ronde, le Jour de la Terre continue sans relâche son travail de sensibilisation à la fragilité des écosystèmes. Malgré certains progrès modestes, le défi demeure complexe. Car, à l'instar de ses ados paradoxalement animés par un sentiment d'invincibilité et une oisiveté déconcertante, le genre humain s'avère difficile à mobiliser et à motiver durablement.

Pourtant, avec les assauts répétés que lui ont fait subir plus de 200 ans d'industrialisation et de pollution intensives, la journée dédiée à la planète qui nous supporte devrait se perpétuer au cours des 364 autres chaque année. Sans tomber dans les excès ésotériques et les scénarios catastrophes, il est minuit moins quinze présentement. Les océans se vident et les espèces disparaissent à vitesse grand V, pendant que le manque d'eau potable affecte près de 2 milliards de concitoyens du globe (le tiers de nos semblables). Le moment est venu d'orchestrer des changements permanents dans nos façons de vivre, qui serviront d'exemples à imiter puis à surpasser.

Comme l'illustre si bien l'animateur et porte-parole du Jour de la Terre au Québec, Jacques Languirand, on semble oublier que la biosphère est mince. Cette couche protectrice dans laquelle doivent puiser toutes les formes de vie pour subsister est fragile. Bien que nous n'ayons pas encore atteint le point de non-retour, il est urgent d'agir. Surtout que l'être humain, bercé d'illusions, a du mal à imaginer le pire. En fait, le problème c'est notre incrédulité généralisée. Tant qu'un malheur n'est pas arrivé, on n'y croit point. Or, si on attend de constater les séquelles des changements climatiques pour se convaincre de la nécessite de bouger, il risque d'être tard.

Le grand ménage de la planète doit commencer. Chaque geste compte, de la grande entreprise jusqu'au citoyen. «Car, les habitants de la planète partagent le même air et la même eau», rappelle avec justesse Lucie Sauvé, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l'environnement de l'UQAM, en entrevue au quotidien Le Devoir. Son objectif consiste à former des citoyens qui soient critiques et socialement engagés, de manière à contribuer concrètement à la démocratie participative. C'est en effet localement qu'on peut changer les choses, pour ensuite influencer le gouvernement de proximité que constitue la municipalité. Après, vient l'espoir de voir ces bonnes pratiques reprises à plus grande échelle.

Dans le cadre du Jour de la Terre ( www.jourdelaterre.org ), plus de 200 activités environnementales sont proposées encore cette année, allant de la traditionnelle corvée de nettoyage des berges de cours d'eau, aux conférences sur le compostage, en passant par la plantation d'arbres. Chacun peut trouver un moyen de faire modestement sa part. En espérant que ces gestes verts se perpétuent et ne servent pas uniquement à donner bonne conscience aux étourdis qui nettoient leur entrée au boyau d'arrosage, qui rasent la flore pour mieux voir leur lac agoniser, ou qui craignent la disparition des sacs de plastique si utiles à la gestion de la litière du chat…

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