Le problème avec moi, c’est que...
Collaboration spéciale Line Turcotte
L’homme est toujours à la recherche de ce qu’il ne sait pas. Animé par le désir d’en savoir plus, il s’interroge quotidiennement sur les questions existentielles. Affligé par les parties du corps qu’il considère par instant trop sophistiquées, l’acteur trempe dans l’absurdité de la gestuelle humaine jusqu’à en perdre des dents, la langue, un doigt peut-être… Qu’arrive-t-il dans cette tête où il n’y a pas assez d’un lui?
Dans une première partie, l’auteur et interprète de la pièce, Larry Tremblay en conjecture du corps viscéral, présente avec ses mimes musicaux et ses gestes métaphysiques, la fragmentation et la multiplication de son corps en kathakali (Danse de l’Inde), faisant découvrir la complexité de ce corps qui est le sien.
Se questionnant sans cesse, s’agitant en mouvements disparates, Léo devient son clone, son clone, Léo. Un voyage intérieur, journalier entretient ce questionnement irrémédiable traité avec humour rendant la gestuelle fictive très poétique des activités quotidiennes. Carl Béchard, l’autre Léo, pour qui la virtuosité verbale et corporelle devient burlesque, aiguise notre appétit de spectateur.
Anick La Boissonnière et Martin Gagné rejoignent la solide réputation du théâtre par leur art de la scène. Larry Tremblay, homme-orchestre de la scène théâtrale, interprète son Léo à merveille. Il le sent, le goûte, le vit. Carl Béchard, à la diction exemplaire, interprète et metteur en scène par moments, se permet d’enseigner la voix et la parole par l’entremise d’ateliers au Conservatoire d’art dramatique de Montréal.
Un lit est partagé au milieu de la scène sous l’éclairage tamisé dans l’environnement sonore de Jean-Frédéric Messier. Véronique Borboen ne rate pas sa chance de concocter la parure des Léo. Francine Alepin et Isabelle Gingras ont de quoi être fières puisque Périscope et Omnibus présenteront cette délicieuse pièce jusqu’au 2 mai 2009.