L’hôpital est malade à Loretteville
Lettre à M. Jean Charest, premier ministre.
On vit un problème majeur au centre hospitalier Chauveau qui fête cette année son 50e anniversaire? Son fondateur, le valeureux docteur Larochelle, doit se retourner dans sa tombe, le pauvre. Son petit mais bel hôpital de jadis semble voué à une mort par étapes. Son urgence a eu besoin d’une mobilisation populaire de force pour éviter de disparaître sous les péquistes. On a ensuite enlevé l’urgentologue certains soirs, puis définitivement. Maintenant, les soins sont prodigués par des infirmières. Et voilà qu’on nous frappe encore sous la ceinture en fermant définitivement les portes de l’urgence de 22h à 08h à partir du 27 avril prochain au détriment de plus de 100 000 personnes de la couronne nord de Québec.
Je peux comprendre que d’autres hôpitaux peuvent accueillir les cas graves mais quelques infirmières dévouées et compétentes peuvent accomplir la tâche durant ces périodes de nuit toujours angoissantes, entre autres pour les personnes âgées ou fragiles. Pourquoi croyez-vous que les aînés aisés se logent dans des résidences où l’on fournit les soins infirmiers? Alors, doit-on régler le problème de rareté du personnel en abolissant un service déjà réduit? Si mon véhicule a une crevaison, dois-je m’en débarrasser pour régler le problème?
Je n’ai rien contre ces millions que vous allez avancer au maire Labeaume pour 50 jours de spectacles estivaux mais la santé demeure un tracas quotidien pour bien des gens qui ne sont même pas en état de voir l’ombre d’un(e) acrobate de Guy Laliberté ni une seule image du moulin de Robert Lepage.
Monsieur Charest, intervenez personnellement pour solutionner ce qui semble perdu à Loretteville, tout comme vous l’avez fait dans le même secteur pour la Coalition pro-Du Vallon en vous assoyant avec nous pour débloquer l’impasse d’alors. Je vous invite donc à venir m’annoncer une bonne nouvelle dans la nuit du 27 avril où, durant les dix heures du premier quart de nuit disparu, je reprendrai mon bâton du pèlerin de Compostelle devant le centre hospitalier. Cette nuit-là, il fera encore plus noir dans le cœur de bien des gens si la décision demeure. Ne méritent-ils pas respect et empathie, surtout de la part des gens en bonne santé comme vous et moi?
Bonne nuit blanche à mes côtés aux âmes sensibles prêtes à se mobiliser contre cette injustice.
Robert Martel, district de Loretteville